Le président camerounais Paul Biya, absent du territoire depuis plus de deux mois, a officiellement validé par décret une restructuration d’envergure au sein des Forces armées camerounaises. Plusieurs textes officiels, portant sa signature, ont été rendus publics, officialisant des changements majeurs dans la hiérarchie militaire.

Des promotions stratégiques et des nominations clés

Parmi les mesures les plus marquantes figurent la promotion de cinq officiers au grade de général de brigade. Un nouveau major général a également été désigné pour superviser l’état-major des armées, succédant à son prédécesseur placé en deuxième section. Par ailleurs, plusieurs commandements territoriaux et unités d’élite ont été redéfinis, incluant la Garde présidentielle, dont la direction reste confiée au général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo, en poste depuis treize ans.

Cette nomination du général Beko’o Abondo au grade de général de brigade constitue une première dans l’histoire de la Garde présidentielle. Créée en 1985, cette unité d’élite n’avait jamais vu son commandant atteindre ce niveau hiérarchique, un choix perçu comme un geste fort de la part du chef de l’État envers son fidèle collaborateur.

Renforcement de la sécurité dans les zones sensibles

Six nouveaux commandants territoriaux ont pris leurs fonctions dans quatre des cinq régions militaires interarmées du Cameroun. Ces affectations ciblent particulièrement les zones confrontées à des enjeux sécuritaires majeurs, allant des régions de l’Extrême-Nord, frontalières avec le Nigeria et exposées à la menace de Boko Haram, aux régions anglophones du Sud-Ouest, où la situation reste instable.

Un message politique sous-jacent

Au-delà de leur portée opérationnelle, ces remaniements soulèvent des questions sur la gouvernance du pays. En officialisant ces décisions depuis l’étranger, le président Paul Biya réaffirme son autorité et la continuité de son action malgré son absence prolongée. Certains observateurs y voient une volonté de rassurer la population et les partenaires internationaux sur la stabilité du pouvoir en place.

Cependant, cette initiative ne convainc pas tous les acteurs politiques. L’opposition, notamment le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dirigé par Maurice Kamto, critique ces mesures jugées insuffisantes. Elle réclame davantage de transparence et l’accélération de la formation du gouvernement, dont la composition est annoncée depuis décembre 2025.