Une avancée majeure pour la logistique sous-régionale vient d’être actée. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) a officiellement suspendu, jusqu’à nouvel ordre, l’exigence du Bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC) sur les axes reliant le port de Douala à N’Djamena et Bangui. Cette directive, portée par le directeur général Auguste Mbappe Penda le 15 juin 2026, s’adresse à l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement, des transitaires aux transporteurs opérant vers le Tchad et la République centrafricaine.

Un allègement issu du forum de N’Djamena

Cette décision fait suite aux conclusions du 5e forum tripartite Tchad-Cameroun-RCA tenu en mai 2026. L’objectif était de lever les obstacles administratifs entravant la fluidité des marchandises. Si le BESC a été instauré en 2006 pour assurer la traçabilité et fiabiliser les statistiques, son application aux cargaisons en transit générait des frictions croissantes. L’interconnexion défaillante des systèmes d’information régionaux rendait ce dispositif contre-productif, alourdissant inutilement les procédures pour les opérateurs.

Sécuriser la compétitivité du corridor de Douala

Pour le Cameroun, l’enjeu économique est crucial. Le transit vers le Tchad et la République centrafricaine représente un volume annuel de 410 milliards de FCFA. Face à la concurrence des ports de Lagos ou de Pointe-Noire, Yaoundé cherche à éviter un détournement des flux. La suppression du BESC sur ces corridors agit donc comme un levier stratégique pour maintenir l’attractivité du port de Douala face aux alternatives logistiques explorées par les pays de l’hinterland.

Au-delà du BESC : les défis structurels persistent

Si les professionnels du secteur accueillent favorablement cette mesure, ils soulignent que la simplification doit se poursuivre. Les contrôles redondants et les pratiques irrégulières sur les axes routiers continuent d’impacter les coûts logistiques. Le défi pour les autorités camerounaises demeure la modernisation des systèmes d’information et la réduction des tracasseries administratives pour garantir la pérennité du corridor transcamerounais.