cardinal ambongo et sassou nguesso : un dialogue crucial pour la rdc

Le Cardinal Fridolin Ambongo et le président Denis Sassou-Nguesso

Le Cardinal Fridolin Ambongo, figure majeure de l’Église catholique en République démocratique du Congo (RDC), a rencontré hier le président Denis Sassou-Nguesso à Brazzaville. Cette audience s’inscrit dans une série de consultations menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, auprès des leaders religieux et politiques congolais. L’objectif ? Évaluer les solutions pour apaiser les tensions persistantes dans l’Est du pays.

Lors de cet entretien, les deux personnalités ont abordé la situation politique et sécuritaire de la RDC, marquée par des débats constitutionnels houleux et une insécurité chronique dans les provinces de l’Est. Ces régions subissent depuis des années les violences des groupes armés locaux et des rebelles du M23, soutenus selon Kinshasa par le Rwanda. Le président congolais a exprimé son inquiétude quant à la fragilité croissante du pays, soulignant le rôle historique des responsables religieux dans la préservation de la cohésion nationale.

À l’issue de l’audience, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a partagé les impressions du Cardinal après cette rencontre. Il a révélé que Denis Sassou-Nguesso avait manifesté une profonde préoccupation face à la crise multidimensionnelle que traverse la RDC.

« Le président Denis Sassou-Nguesso a exprimé une inquiétude majeure, voire une angoisse, face à la situation que traverse notre pays, qu’il considère comme un frère en Afrique. Il a tenu à écouter le Cardinal Fridolin Ambongo, que j’accompagnais, en raison du rôle pastoral et historique qu’il joue dans la gestion des affaires publiques et la protection de la vie humaine. Pour lui, la fragilité actuelle de la RDC représente une menace sérieuse pour la stabilité du continent », a expliqué Monseigneur Nshole.

Le secrétaire général de la CENCO a également indiqué que Denis Sassou-Nguesso avait déjà échangé avec le président Félix Tshisekedi. Les deux chefs d’État auraient discuté des pistes pour sortir de l’impasse politique et sécuritaire.

« Il nous a confié avoir déjà discuté avec le président Félix Tshisekedi. Il nous a prodigué des conseils avisés pour nous aider à surmonter cette crise », a-t-il ajouté.

Monseigneur Nshole n’a pas manqué de souligner l’urgence de la situation dans l’Est de la RDC, où les populations civiles paient un lourd tribut aux conflits. Les violences, les déplacements massifs et les exactions des groupes armés continuent de faire des victimes, sans que les efforts de paix ne parviennent à endiguer la crise.

« Regardez ce qui se passe dans l’Est de notre pays : la RDC est en guerre. Des citoyens ne peuvent plus vivre en paix chez eux. Les pertes humaines s’accumulent sur les champs de bataille, et ces souffrances ne peuvent être ignorées », a-t-il déclaré avec gravité.

Cette rencontre survient alors que l’Église catholique en RDC réaffirme son opposition à toute modification de la Constitution. Dans un message diffusé le 20 juin 2026, la CENCO a rappelé que les évêques ne voient « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » de réviser la loi fondamentale. Pour eux, les priorités nationales doivent se concentrer sur la restauration de la paix, le développement social et le renforcement de l’unité nationale.

Cette prise de position s’inscrit en opposition frontale avec les intentions affichées par l’Union sacrée de la Nation, la coalition présidentielle dirigée par Félix Tshisekedi. Ce dernier a récemment évoqué la possibilité d’une révision constitutionnelle, une démarche vivement contestée par l’opposition et une partie de la société civile. Beaucoup y voient une manœuvre pour contourner la limite des deux mandats présidentiels et permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028.

Le deuxième mandat de Félix Tshisekedi doit en effet s’achever en décembre 2028, avec une passation de pouvoir prévue pour janvier 2029, selon les dispositions constitutionnelles en vigueur.

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