En République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) vient de lancer un recensement inédit des prisonniers politiques et d’opinion. Une démarche qui s’inscrit dans un contexte où les appels à un dialogue inclusif entre les acteurs congolais se font de plus en plus pressants.

Cette initiative, qui s’appuie sur le principe d’égalité devant la loi, pourrait bien préparer le terrain pour des mesures de détente politique. Le CNSA a d’ailleurs précisé que cette liste serait transmise au président Félix Tshisekedi, afin que celui-ci puisse agir en amont de la tenue du dialogue national.

Une initiative fondée sur le respect du droit

Le CNSA a mis en place des critères stricts pour évaluer les dossiers des personnes détenues. Son objectif ? Identifier celles qui pourraient bénéficier d’une amnistie, dans le but de faciliter la libération de figures politiques emblématiques.

Parmi les personnalités évoquées, Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, respectivement vice-président et secrétaire permanent du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), parti historique de l’ancien président Joseph Kabila, figurent en bonne place. Leur possible libération pourrait ainsi marquer un tournant dans le climat politique congolais.

Le PPRD salue cette initiative

La famille politique du PPRD a réagi avec enthousiasme à cette démarche du CNSA. Lucain Kasongo, cadre du parti, a exprimé sa satisfaction : « Si cette initiative permet d’obtenir la libération de nos camarades comme Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga ou encore Parole Kamizelo, nous ne pouvons que la saluer. »

Quelques jours plus tôt, l’ONG Justicia ASBL avait également transmis au ministre de la Justice une liste de près d’une centaine de personnes considérées comme des prisonniers politiques ou d’opinion, renforçant ainsi la légitimité de cette dynamique.

Des condamnations à mort à réexaminer

Le CNSA n’a pas manqué de souligner que certaines condamnations, y compris celles prononcées à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila ou de Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion de l’AFC/M23, pourraient également être réévaluées. Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, a estimé que « des mesures politiques devraient être prises pour annuler ces condamnations, afin de rétablir un climat de confiance indispensable à l’organisation d’un dialogue inclusif ».

Reste désormais à savoir si ces efforts se concrétiseront par des actes, alors que les attentes des Congolais et des observateurs internationaux restent élevées. La balle est désormais dans le camp des autorités congolaises.