Le projet «Pleins Feux», dévoilé en avril 2026 à Abidjan, incarne une étape majeure dans la refonte du système éducatif ivoirien. Porté par une vision ambitieuse, ce programme s’appuie sur des partenariats internationaux pour optimiser la gestion des politiques publiques et garantir un apprentissage de qualité. Son objectif ? Relever les défis posés par une démographie en plein essor et une jeunesse en quête d’opportunités.
une croissance démographique qui exige des réformes structurelles
Avec une population dépassant les 30 millions d’habitants et une jeunesse majoritaire, la Côte d’Ivoire fait face à une pression sans précédent sur son système éducatif. Chaque année, des centaines de milliers d’élèves supplémentaires rejoignent les bancs de l’école, mettant en lumière les limites des infrastructures existantes. Pour y répondre, les autorités ivoiriennes, sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, ont engagé des réformes profondes depuis plus de dix ans. Ces mesures visent à faciliter l’accès à l’éducation et à en améliorer la qualité, en alignement avec les Objectifs de développement durable (ODD 4) et l’Agenda 2030 des Nations unies.
recrutement massif et spécialisation : les piliers d’une école performante
Depuis 2011, la Côte d’Ivoire a significativement renforcé ses effectifs enseignants. Plus de 69 000 enseignants ont été recrutés dans le primaire, tandis que plus de 30 000 l’ont été dans le secondaire. En parallèle, une attention particulière a été portée aux disciplines scientifiques, avec le déploiement de 1 800 enseignants en mathématiques et sciences physiques. Cette stratégie répond aux exigences du marché du travail et aux ambitions de transformation économique du pays.
Dans les zones rurales, où l’accès à l’éducation reste un défi, les investissements dans les infrastructures scolaires se sont accélérés. La construction de nouveaux établissements permet de réduire les distances et de limiter les abandons précoces. Un exemple marquant : l’ouverture du CAFOP de Boundiali, dans le nord du pays, qui illustre cette volonté d’équité territoriale.
inclusion et conditions de travail : les leviers d’une éducation durable
La qualité de l’éducation ne se limite pas aux infrastructures ou aux programmes. Elle repose aussi sur des conditions de travail attractives pour les enseignants et une école inclusive. Entre 2011 et 2025, les salaires des enseignants en début de carrière ont progressé de plus de 30 % dans le primaire et jusqu’à 15 % dans le secondaire. Ces hausses contribuent à stabiliser les équipes pédagogiques et à renforcer l’attractivité du métier.
L’inclusion est également au cœur des priorités. L’introduction de supports pédagogiques adaptés aux élèves en situation de handicap marque une avancée majeure. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation contre les grossesses en milieu scolaire visent à sécuriser les parcours éducatifs et à limiter les ruptures précoces.
«pleins feux» : un projet innovant pour une gouvernance éducative renforcée
Le projet «Pleins Feux», lancé en avril 2026, se distingue des initiatives précédentes. Contrairement aux approches centrées sur les infrastructures ou les effectifs, ce programme se concentre sur l’optimisation du pilotage du système éducatif. Développé en collaboration avec l’UNESCO, l’Union africaine et le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM), il s’appuie sur deux années de travaux menés en Côte d’Ivoire, au Ghana et en Éthiopie.
Son objectif ? Renforcer les capacités des décideurs et des encadreurs pédagogiques pour améliorer concrètement les résultats sur le terrain. Cette approche s’inscrit dans un contexte où les partenaires internationaux reconnaissent les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire en matière d’apprentissage. Pour pérenniser cette dynamique, les autorités misent sur des partenariats variés, impliquant des acteurs internationaux, régionaux et privés.