Au Togo, l’armée, souvent perçue comme un rempart contre les menaces, se transforme parfois en source d’insécurité pour les citoyens. Plutôt que de protéger, certains soldats envahissent les domiciles pour infliger des violences gratuites, brisant ainsi l’idée même de sécurité dans l’intimité des foyers.
Des intrusions militaires dans les habitations : une violation des droits fondamentaux
La maison représente le dernier refuge où chacun devrait se sentir protégé. Pourtant, au Togo, des scènes choquantes se répètent : des portes enfoncées sans mandat, des familles humiliées sous le regard impuissant des voisins. À Lomé comme à Sokodé, ces interventions musclées des forces armées dans les quartiers se soldent trop souvent par des passages à tabac arbitraires. Frappes, intimidations, voire humiliations publiques, ces actes transforment les espaces privés en zones de terreur, là où chaque citoyen devrait trouver la paix.
L’impunité comme méthode de gouvernance
Quand un militaire s’en prend à un civil sans défense, ce n’est pas une simple « erreur isolée ». C’est le symptôme d’un système où l’impunité règne et où la discipline militaire a cédé la place à la brutalité comme outil de contrôle. Les chefs ferment les yeux, préférant une armée craintive plutôt qu’une armée respectée, creusant ainsi un fossé dangereux entre les forces de l’ordre et la population.
Conséquences dévastatrices sur la société
Cette dérive a des répercussions profondes :
- Une méfiance généralisée envers l’État, minant la cohésion sociale et la confiance dans les institutions ;
- Une colère grandissante parmi les citoyens, qui perçoivent l’armée non plus comme un protecteur, mais comme une menace ;
- Une illégalité flagrante, car aucune loi togolaise ni aucun règlement militaire ne justifie de telles violences contre des civils dans leur propre foyer.
Le soldat n’est pas un policier : une confusion aux conséquences graves
Le problème réside en partie dans la confusion des rôles : un soldat est formé pour le combat, pas pour gérer des tensions civiles. Quand il patrouille dans les quartiers, il voit des ennemis partout, transformant des rues paisibles en zones de tension. Cette militarisation de l’ordre public n’a qu’un résultat : la population locale se sent traquée plutôt que sécurisée.
Vers une armée qui protège plutôt que qui opprime
Un militaire digne de ce nom ne gagne pas le respect par la force brute, mais par son intégrité et son respect des lois. Au Togo, l’honneur se mesure à la capacité de protéger chaque citoyen, quelles que soient ses convictions. Pour inverser cette tendance, une seule solution s’impose : mettre fin à l’impunité.
Tant que les soldats responsables de violences resteront impunis, la défiance entre le peuple et l’armée continuera de s’aggraver. Le Togo n’a pas besoin de répression aveugle pour assurer sa stabilité, mais de justice et de dialogue. La sécurité ne se construit pas sur la peur, mais sur le respect mutuel et l’État de droit.