En Afrique de l’Ouest, le pouvoir d’achat des ménages subit une pression accrue en 2026, dans un contexte où l’inflation continue de fragiliser les économies locales. Les écarts de prix entre les carburants en Côte d’Ivoire et au Bénin illustrent cette divergence, révélant des approches radicalement opposées face à la gestion des ressources énergétiques.
Côte d’Ivoire : une hausse qui pèse sur les ménages
La Côte d’Ivoire, bien que productrice de pétrole, a enregistré une augmentation significative des tarifs des carburants. La Direction Générale des Hydrocarbures a validé une hausse des prix dès ce mois de mai, impactant directement le budget des ménages. Le Super sans plomb passe de 820 à 875 FCFA le litre, soit une progression de 6,7 %, tandis que le Gasoil franchit désormais le seuil des 700 FCFA.
Cette décision suscite une vive interrogation : comment justifier qu’un pays doté de ressources pétrolières affiche des prix à la pompe supérieurs à ceux de ses voisins ? L’impact de cette hausse se propage bien au-delà des stations-service. En effet, la répercussion sur les coûts de transport entraîne une augmentation des prix des produits de première nécessité, aggravant ainsi les difficultés des populations les plus vulnérables.
Bénin : une stratégie de maîtrise des prix
À l’inverse, le Bénin adopte une approche pragmatique pour limiter l’inflation, malgré l’absence de production pétrolière significative. Le gouvernement de Cotonou maintient des tarifs compétitifs depuis le début du mois de mai 2026, malgré les tensions géopolitiques qui pèsent sur les cours mondiaux. Les prix en vigueur sont les suivants :
- Essence : 725 FCFA le litre
- Gasoil : 750 FCFA le litre
L’écart est flagrant : au Bénin, le litre d’essence coûte 150 FCFA de moins qu’en Côte d’Ivoire. Cette politique s’inscrit dans une logique de protection sociale, où la priorité est donnée à la préservation du pouvoir d’achat des citoyens.
« Notre stratégie repose sur une gestion rigoureuse des coûts logistiques et une fiscalité adaptée, afin de garantir que les ménages ne subissent pas de plein fouet les fluctuations des marchés internationaux », explique un membre du gouvernement béninois.
Redistribution des ressources : un enjeu régional
Cette disparité tarifaire interroge sur l’efficacité de la gestion des ressources énergétiques en Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire, la richesse pétrolière ne semble pas se traduire par un avantage concret pour les consommateurs. Les ménages perçoivent cette hausse des prix comme une taxe déguisée, un frein supplémentaire à leurs projets de vie et à leur stabilité économique.
Le Bénin, en revanche, prouve qu’une politique énergétique volontariste peut compenser l’absence de ressources naturelles. En ajustant sa fiscalité ou en mettant en place des subventions ciblées, le pays parvient à atténuer les effets des crises externes sur son économie locale.
Cette situation soulève une question essentielle : la souveraineté énergétique a-t-elle une réelle valeur si elle ne se traduit pas par un bénéfice tangible pour les citoyens ?