Abidjan, juin 2026 — Lors de la tribune d’échanges « Tout savoir sur » organisée par le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), Alassane Koné, conseiller technique du ministre de la Communication et président du Conseil supérieur de la publicité (CSP), a réaffirmé l’engagement des autorités ivoiriennes à moderniser le secteur publicitaire. Objectif : en faire un moteur clé du développement économique national.
Un secteur publicitaire en pleine mutation
Face à l’essor fulgurant des technologies numériques et à la complexité croissante des plateformes digitales, le CSP doit aujourd’hui relever un défi majeur : encadrer un environnement publicitaire en pleine transformation. Le président du CSP a pointé trois enjeux majeurs :
- L’évolution technologique, bien plus rapide que les cadres réglementaires traditionnels ;
- La dimension transfrontalière des acteurs du numérique, difficile à réguler par une seule autorité nationale ;
- Le besoin impératif de former des experts capables de surveiller efficacement les contenus publicitaires.
Des mesures concrètes pour encadrer le numérique
Pour combler le retard face à ces défis, la Côte d’Ivoire a franchi une étape décisive avec l’adoption de la loi n°2022-979 du 20 décembre 2022. Cette législation, qui encadre désormais la communication audiovisuelle, s’applique également aux influenceurs ivoiriens comptant plus de 25 000 abonnés. Leur activité est désormais soumise au contrôle de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), garantissant un cadre plus strict et transparent.
Protéger les consommateurs et sanctionner les dérives
Le renforcement du cadre juridique ne se limite pas à la régulation des influenceurs. Les annonceurs doivent désormais soumettre leurs campagnes publicitaires à la validation préalable de la Commission de contrôle et de validation (CCV) du CSP. Cette mesure vise à protéger les consommateurs contre les contenus trompeurs ou abusifs.
Les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères : amendes pouvant atteindre 3 à 5 % du chiffre d’affaires, voire des peines d’emprisonnement allant jusqu’à deux mois. Une réponse forte pour dissuader les pratiques irrégulières et garantir un marché publicitaire plus sain.
Un marché publicitaire à développer
Malgré ces avancées, le marché publicitaire ivoirien reste modeste : il représente moins de 1 % du PIB national et génère environ 30 milliards de francs CFA. Un potentiel encore sous-exploité, surtout si on le compare à certains voisins africains aux marchés parfois moins dynamiques mais plus performants.
Pour Alassane Koné, ces chiffres soulignent l’urgence d’accélérer la modernisation du secteur. « Le numérique offre des opportunités immenses, mais exige une régulation agile et proactive », a-t-il conclu.