Kinshasa paralysée : l’opposition impose une journée « ville morte » contre la révision constitutionnelle

La capitale congolaise Kinshasa a connu ce mercredi un calme inhabituel dans plusieurs quartiers. Cette situation fait suite à l’appel lancé par l’opposition politique à une journée de mobilisation exceptionnelle, surnommée « ville morte ». L’objectif ? Rejeter catégoriquement le projet de révision de la Constitution, perçu comme une manœuvre pour prolonger le mandat du président en place.

Dès les premières heures de la matinée, les observateurs sur place ont remarqué une réduction drastique de l’activité urbaine. Les rues, généralement animées dès l’aube, sont restées désertes dans des zones stratégiques comme le district de Mont-Amba. L’absence des étudiants aux abords de l’Université de Kinshasa a particulièrement marqué les esprits, contrastant avec l’affluence habituelle à cette heure.

Dans les communes de Limete et Tshangu, les dispositifs policiers et militaires étaient visibles en nombre. Les boulevards Lumumba et Poids lourds, réputés pour leur trafic dense, affichaient une circulation fluide et quasi inexistante. Les stations-service, comme celle de Salongo, hésitaient à ouvrir leurs portes, tandis que les transports en commun se faisaient rares. Un seul bus opérait encore à Limete en direction du centre-ville vers 7 heures, selon un habitant du secteur.

Sur l’avenue Bypass et aux abords du rond-point Ngaba, les forces de l’ordre maintenaient une présence renforcée. Plusieurs jeeps et véhicules militaires circulaient en patrouille, renforçant l’impression d’une ville placée sous haute surveillance. Les commerces, habituellement ouverts dès l’aube, affichaient des rideaux baissés dans de nombreux quartiers, signe d’une adhésion massive à l’appel à la grève.

Ce mouvement, organisé par les forces d’opposition, visait à exprimer leur opposition frontale à toute modification de la loi fondamentale. Les manifestants appellent à une résistance pacifique mais déterminée, afin de préserver les institutions démocratiques du pays.

Cette journée « ville morte » s’inscrit dans un contexte politique tendu, où les tensions entre les partisans du pouvoir et l’opposition s’intensifient. Les autorités, quant à elles, ont appelé à la prudence, tout en assurant que l’ordre public serait maintenu coûte que coûte.

Route Bypass ce mercredi matin

Un calme précaire dans les quartiers stratégiques

Dans le district de Mont-Amba, la route Intendance de l’Université de Kinshasa, habituellement bondée d’étudiants à cette heure, était étrangement vide. Seuls quelques éléments de la police nationale congolaise (PNC) veillaient aux abords de la chaussée, sans qu’aucun incident ne soit signalé. Les arrêts de transport en commun, comme ceux de la ligne vers la commune de Kalamu, restaient désespérément vides, reflétant l’adhésion des citoyens à l’appel à la grève.

À Limete, les boulevards Lumumba et Poids lourds, réputés pour leur agitation matinale, présentaient une scène inhabituelle : peu de piétons, peu de véhicules, et une absence totale des embouteillages caractéristiques. Les quelques bus encore en circulation affichaient des files d’attente réduites, signe que la population avait majoritairement choisi de rester chez elle.

Des forces de l’ordre en alerte maximale

Les autorités ont déployé un dispositif sécuritaire sans précédent. Des patrouilles motorisées sillonnaient les artères principales, tandis que des checkpoints étaient installés aux points stratégiques. Les forces armées et policières semblaient déterminées à éviter tout débordement, tout en maintenant une visibilité dissuasive.

Dans la commune de Kalamu, des éléments de la police étaient particulièrement visibles, assurant une présence rassurante pour les rares passants. Les commerçants, quant à eux, adoptaient une attitude prudente, fermant boutique par crainte de troubles ou de représailles.

Un mouvement populaire ou une opposition organisée ?

La question du soutien populaire à cette journée « ville morte » reste en suspens. Si les observateurs sur place confirment une participation massive, il est difficile d’évaluer dans quelle mesure ce mouvement est spontané ou orchestré par les partis d’opposition. Les réseaux sociaux, bien que partiellement accessibles, regorgeaient de messages appelant à la mobilisation, renforçant l’idée d’un mouvement largement relayé.

Les autorités, de leur côté, ont mis en garde contre toute perturbation de l’ordre public, tout en insistant sur la liberté des citoyens de vaquer à leurs occupations. Cependant, l’absence quasi totale d’activité dans plusieurs quartiers suggère que l’appel à la grève a été largement suivi.

Cette journée « ville morte » pourrait bien marquer un tournant dans les tensions politiques actuelles, alors que le débat sur la révision constitutionnelle reste au cœur des préoccupations nationales.