crise politique au Sénégal : Sonko écarté, Faye consolide le pouvoir

Le président Bassirou Diomaye Faye a rompu avec son Premier ministre Ousmane Sonko en le limogeant et en dissolvant l’ensemble du gouvernement, mettant fin à des mois de tensions politiques dans un Sénégal confronté à une dette record.
L’annonce, diffusée en direct à la télévision nationale, a été officialisée par le conseiller présidentiel Oumar Samba Ba. Ce décret stipule que « les fonctions d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre sont désormais terminées », entraînant mécaniquement la fin des mandats des ministres et secrétaires d’État.
Le scénario politique sénégalais prend une tournure inédite : un président élu en grande partie grâce au soutien de son Premier ministre, lui-même populaire mais empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 en raison d’une condamnation judiciaire.
Les relations entre les deux hommes, autrefois alliés indéfectibles, se sont fortement dégradées ces derniers mois. Ousmane Sonko, figure charismatique du mouvement Pastef, avait su mobiliser la jeunesse sénégalaise autour de ses discours panafricanistes et de sa fermeté envers l’ancienne puissance coloniale, la France.
Lors d’un meeting en juillet, Sonko avait publiquement reproché à Faye un « manque de leadership », l’accusant de ne pas le défendre suffisamment face à ses adversaires politiques. Pourtant, c’est bien le président qui détient l’autorité constitutionnelle pour nommer ou révoquer le chef du gouvernement par simple décret.
Le parti Pastef, vainqueur triomphal du premier tour des législatives de mars 2024, avait axé sa campagne sur la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques. Cependant, l’équilibre des pouvoirs au sein de la majorité présidentielle semble désormais rompu.