Antoine Ghonda remettant le message à Tete António

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a adressé hier un message officiel à son homologue angolais, João Lourenço. Porté par l’ambassadeur itinérant congolais, Antoine Ghonda Mangalibi, ce courrier diplomatique a été remis à Luanda à Tete António, ministre angolais des Relations extérieures. Une initiative qui s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu.

« Un message de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République démocratique du Congo, à Son Excellence João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d’Angola, a été remis ce vendredi après-midi à Luanda à Son Excellence Tete António, ministre angolais des Relations extérieures », a confirmé le ministère angolais des Affaires étrangères.

Le contenu exact de cette correspondance n’a pas été révélé, mais son envoi survient à un moment où la situation sécuritaire reste préoccupante à l’Est de la RDC. La rébellion de l’AFC/M23, soutenue par Kigali, maintient son emprise sur de vastes territoires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu malgré les tentatives de médiation internationale. Les discussions engagées à Washington et Doha peinent à aboutir à une résolution durable du conflit.

Cette transmission de message s’ajoute à une série d’échanges diplomatiques intenses dans la région des Grands Lacs. Kinshasa et Luanda multiplient les consultations bilatérales, notamment sur les questions de paix et de sécurité. Cette initiative s’inscrit également dans la continuité des efforts du président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, qui a récemment mené des consultations avec les principales confessions religieuses de la RDC et un groupe de leaders de l’opposition politique.

Une diplomatie régionale sous haute tension

Cette séquence diplomatique s’inscrit après deux événements majeurs : la visite récente de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour des échanges avec Denis Sassou Nguesso, suivie par une série de consultations du président congolais Denis Sassou Nguesso avec le cardinal Fridolin Ambongo sur la situation politique et institutionnelle en RDC.

En février 2026, une réunion de haut niveau organisée à Luanda avait confié à l’Angola la mission d’engager des consultations avec les différentes parties congolaises afin de préparer un dialogue intercongolais. Cette décision, annoncée dans un communiqué de la présidence angolaise, réunissait alors João Lourenço (président en exercice de l’Union africaine), Félix Tshisekedi, Faure Gnassingbé (médiateur désigné par l’UA) et Olusegun Obasanjo (facilitateur du processus de paix).

Depuis cette désignation, des échanges réguliers ont eu lieu entre Kinshasa et Luanda, mais l’initiative peine à produire les résultats escomptés. Les divergences persistent notamment sur le format du dialogue et l’identité des parties appelées à y participer.