Est de la RDC : le Burundi exige une action internationale renforcée face aux violences persistantes
Lors d’une rencontre diplomatique à Bujumbura, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a exprimé son inquiétude face à la poursuite des violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Il a souligné l’insuffisance de l’application de l’Accord de Washington, signé entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis, dont les termes peinent à être respectés sur le terrain.
Un accord de paix en échec : l’Accord de Washington sous le feu des critiques
Le ministre Bizimana a rappelé que, malgré le retour de certains réfugiés congolais dans leur région d’origine, plusieurs zones restent sous la menace des groupes armés, notamment l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Il a pointé du doigt l’absence de respect des engagements pris lors de la signature de l’Accord de Washington en avril 2026, sous médiation américaine et qatari.
« Les accords signés entre la RDC et le Rwanda n’ont pas produit les résultats attendus. Des populations continuent de fuir en raison de l’insécurité, et les combats persistent malgré les engagements pris. »
Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères
Le Burundi et la RDC renforcent leur coopération sécuritaire
Face à cette situation, Bujumbura et Kinshasa ont réaffirmé leur volonté de collaborer étroitement pour rétablir la paix. Les deux pays, liés par un accord bilatéral de défense signé en mars 2023, ont évoqué plusieurs sujets d’intérêt commun, dont :
- La construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa ;
- La gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) ;
- La préparation du prochain sommet des chefs d’État de la CIRGL, dont la RDC assure actuellement la présidence.
Le ministre congolais Floribert Anzuluni a salué l’implication du Burundi dans la mobilisation de l’aide humanitaire pour les réfugiés congolais présents au Burundi. Il a également annoncé la préparation d’une réunion de la Troïka de la CIRGL pour évaluer la situation sécuritaire et les contributions financières des États membres.
Une mobilisation africaine pour la paix
Le Burundi, dirigé par le président Évariste Ndayishimiye, s’est engagé à jouer un rôle actif dans la lutte contre les conflits en Afrique. Depuis son élection à la tête de l’Union africaine, Bujumbura a fait de la pacification des Grands Lacs une priorité. Le pays a déjà déployé des milliers de soldats pour soutenir l’armée congolaise (FARDC) et sécuriser la frontière commune.
Cependant, malgré ces efforts, la recrudescence des violences dans l’est de la RDC et les accusations mutuelles entre Kinshasa et Kigali freinent toute avancée significative. Les médiateurs internationaux, dont les États-Unis et le Qatar, peinent à faire respecter les termes de l’Accord de Washington, chaque partie interprétant les engagements à sa manière.
Perspectives et défis à venir
La situation reste critique dans plusieurs provinces de l’est de la RDC, où les déplacements de populations se multiplient en raison des attaques des groupes armés. Les autorités congolaises et burundaises ont appelé à une implication accrue de la communauté internationale pour soutenir les initiatives régionales et faire taire les armes.
Alors que les négociations se poursuivent, la question de la crédibilité des accords de paix se pose avec insistance. Sans un respect strict des engagements pris, la stabilité de la région des Grands Lacs restera menacée.