Fujimori officialise le soutien du Pérou à l’autonomie du Sahara marocain

  • Keiko Fujimori, présidente élue du Pérou, valide le soutien de son pays à la résolution 2797 de l’ONU, alignant Lima sur Rabat dans le dossier du Sahara
  • Une rupture nette avec les gouvernements précédents, qui entretenaient des liens ambigus avec le Polisario
  1. Soutien officiel au plan marocain
  2. Fin d’une ambiguïté de décennies
  3. Retour à la raison diplomatique
  4. Maroc et Pérou scellent un partenariat

L’élection de Keiko Fujimori à la tête du Pérou marque un changement majeur dans la diplomatie latino-américaine concernant la question du Sahara. Dès sa prise de fonction, la nouvelle présidente a clarifié sa position en rencontrant l’ambassadeur du Maroc à Lima, Amine Chaoudri, pour lui confirmer le soutien de son gouvernement à l’intégrité territoriale du Maroc et à son plan d’autonomie pour le Sahara.

Cette rencontre, marquée par l’échange d’une lettre de félicitations du roi Mohammed VI, a permis d’officialiser une volonté de collaboration renforcée entre les deux pays. Le souverain marocain a salué « les excellentes relations » entre le Maroc et le Pérou, fondées sur une « amitié solide et des valeurs communes », tout en exprimant sa volonté de « donner un nouvel élan » à cette coopération.

Soutien officiel au plan marocain

Selon des sources proches du bureau de la présidente élue, Keiko Fujimori a non seulement réaffirmé son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc, mais a également validé le plan d’autonomie proposé par Rabat pour le Sahara. Ce plan, considéré comme une base sérieuse par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, est désormais endorsed par Lima.

Cette décision s’inscrit dans une dynamique de rapprochement stratégique entre le Maroc et plusieurs pays d’Amérique latine, où le Front Polisario perd progressivement des soutiens. Le Maroc, par son engagement économique et diplomatique, a su convaincre de nombreux États de la région de reconsidérer leur position sur le dossier sahraoui.

Fin d’une ambiguïté de décennies

La position adoptée par Fujimori rompt avec près de 40 ans de flou diplomatique. En effet, le Pérou avait reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1984 sous la présidence de Fernando Belaúnde Terry, avant d’établir des relations officielles avec le Polisario en 1987. Ces liens n’ont été rompus qu’en 1996 par Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, sans que ses successeurs ne remettent en cause cette reconnaissance.

La situation a connu des rebondissements sous les mandats ultérieurs : Pedro Castillo a brièvement rétabli les relations avec le Polisario en 2021, avant que son ministre des Affaires étrangères ne les suspende à nouveau en 2022. Cependant, le président Castillo a finalement maintenu ces liens jusqu’à sa destitution fin 2022. Ses successeurs, Dina Boluarte, José Jeri et José María Balcázar, ont adopté une position de statu quo, sans clarifier leur stance sur le Sahara.

Avec l’arrivée de Keiko Fujimori, le Pérou renoue avec la position adoptée par son père en 1996, mais va plus loin en apportant un soutien explicite au plan d’autonomie marocain et à la résolution 2797 de l’ONU. Une rupture historique avec les décennies d’ambiguïté passées.

Retour à la raison diplomatique

Cette décision s’inscrit dans un contexte où le Maroc renforce activement ses alliances en Amérique latine. Grâce à une stratégie diplomatique axée sur la coopération économique, culturelle et universitaire, Rabat a réussi à convaincre plusieurs pays de la région de suspendre leur reconnaissance de la RASD ou de rompre leurs relations avec le Polisario. Parmi ces pays figurent la Colombie, le Guatemala, le Paraguay, la République dominicaine, Haïti, la Jamaïque, le Salvador, la Guyane, l’Équateur et le Panama.

Ce revirement s’explique par la volonté du Maroc de consolider sa position sur la scène internationale et de mobiliser des soutiens en faveur de son initiative d’autonomie. Le plan marocain, perçu comme réaliste et équilibré, est désormais de plus en plus adopté par la communauté internationale, y compris par des pays d’Amérique latine qui avaient autrefois affiché leur sympathie pour le Polisario.

Maroc et Pérou scellent un partenariat

Le changement de position du Pérou est également le fruit d’une offensive diplomatique ciblée menée par le Maroc en Amérique latine. Cette stratégie vise à renforcer les relations bilatérales et à positionner le Maroc comme un partenaire clé pour l’accès au continent africain, à l’Europe et au monde arabe.

En officialisant son soutien au plan d’autonomie, Keiko Fujimori envoie un signal fort à la communauté internationale : le Pérou s’aligne désormais sur les positions marocaines, marquant ainsi une étape décisive dans la consolidation du réseau diplomatique de Rabat en Amérique latine.