Lors de la clôture de la première session ordinaire du Sénat, sa présidente a fermement interpellé le pouvoir exécutif. Dans son allocution, Huguette Yvonne Nyana Ekoume-Awori a plaidé pour une rationalisation profonde du travail parlementaire en instaurant une transmission égalitaire des projets de loi entre l’Assemblée nationale et la chambre haute, conformément aux principes fondamentaux du bicamérisme.

Pour la première autorité de l’institution, l’architecture constitutionnelle ne doit pas réduire le Sénat à une simple chambre d’enregistrement qui subirait passivement les contraintes du calendrier gouvernemental. À l’exception des textes régis par le principe de prééminence, tels que les lois de finances ou les révisions de la Constitution, la présidente réclame une nouvelle méthode de dépôt des projets de loi.

Le Sénat revendique le respect de sa mission législative

Huguette Yvonne Nyana Ekoume-Awori a ainsi exhorté le gouvernement, représenté par son vice-président Hermann Immongault et plusieurs ministres, à insuffler plus de fluidité et de rapidité dans la navette parlementaire. En répartissant les textes de manière équitable et alternative entre les deux chambres dès leur examen initial, l’exécutif permettrait d’éviter un blocage structurel qui entrave la mission des parlementaires.

Le rétablissement de cet équilibre institutionnel vise un double objectif. D’une part, il s’agit de mettre un terme à l’engorgement chronique des dossiers au sein d’une seule et unique assemblée. D’autre part, cette réforme permettrait de protéger la qualité des lois, trop souvent impactée par une urgence permanente préjudiciable à la rigueur des délibérations. Ce rappel à l’ordre se veut une main tendue pour une collaboration plus harmonieuse entre les pouvoirs, afin de garantir une production législative respectueuse des prérogatives de la Haute Assemblée au Gabon.