Ousmane Sonko avait tiré le signal d’alarme en mai dernier devant les députés à l’Assemblée nationale. Ses craintes se confirment aujourd’hui : le gouvernement sénégalais a acté une hausse des prix des carburants, effective dès ce samedi matin.

Le supercarburant passe désormais à 990 F CFA le litre, en hausse de 70 F CFA, tandis que le gasoil atteint 755 F CFA le litre, soit une augmentation de 75 F CFA. Une décision qui s’inscrit dans un contexte économique tendu, marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les cours mondiaux du pétrole.
Une décision attendue et expliquée
Le gouvernement sénégalais justifie cette mesure par la nécessité de réaligner les tarifs sur leur niveau d’avant la baisse exceptionnelle du 6 décembre 2025. Une période de près de neuf mois durant laquelle les automobilistes avaient profité de prix réduits à la pompe. Cette hausse modérée intervient malgré la volonté affichée des autorités de protéger le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait alerté dès mai dernier sur la fragilité de cette position : « Tout ce qu’on pourrait faire pour ne pas répercuter cette crise au Moyen-Orient sur les populations, nous le ferons. Mais à l’impossible nul n’étant tenu, quand ce ne sera plus possible, nous reviendrons dire aux populations que ce n’est plus possible, il faut qu’on hausse les prix. »*
Répercussions économiques et sociales
Cette décision, bien que mesurée, aura des conséquences sur l’ensemble de l’économie sénégalaise. Le carburant constitue en effet un maillon essentiel dans la chaîne de détermination des coûts des transports et des biens de consommation. Avec une cherté de la vie déjà persistante, les ménages sénégalais devront une fois encore s’adapter à cette nouvelle donne.
Les prix des autres produits pétroliers, comme le gaz ou l’essence utilisée pour les pirogues, restent quant à eux stables. Une décision qui vise à limiter l’impact social, mais qui ne suffira probablement pas à atténuer les critiques face à une mesure perçue comme inévitable, mais douloureuse.