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Dans la foulée de l’instauration de l’état d’urgence hydrique sur l’ensemble du territoire gabonais, le Front démocratique socialiste (FDS) a exprimé ses réserves quant aux mesures gouvernementales récentes. Le parti, dirigé par Anges Kevin Nzigou, salue les intentions des autorités de mettre un terme aux trafics d’eau potable tout en pointant les risques d’une approche trop radicale.

Le FDS reconnaît la nécessité de lutter contre les détournements de ressources hydriques, qualifiés de « violation inacceptable des droits fondamentaux des citoyens ». Cependant, il s’interroge sur l’efficacité d’une interdiction immédiate des camions-citernes, un système qui, malgré ses dérives, assure aujourd’hui l’approvisionnement de nombreux ménages, en particulier dans le Grand Libreville.

Une interdiction jugée prématurée et risquée

Selon le parti, la suppression brutale de ce mode de distribution pourrait aggraver les pénuries actuelles. Le FDS souligne que, dans un contexte où les infrastructures classiques restent défaillantes, les camions-citernes jouent un rôle clé pour éviter une crise humanitaire. « Agir sans filet de sécurité expose les populations à une précarité hydrique encore plus profonde », peut-on lire dans son communiqué.

Le parti s’inquiète également de la centralisation de la distribution et de la facturation de l’eau entre les mains des forces de sécurité. Il insiste sur la nécessité d’instaurer des garde-fous pour garantir la transparence et éviter tout abus dans ce nouveau système.

Vers une régulation plutôt qu’une suppression pure et simple

Plutôt que d’interdire, le FDS propose une régulation ciblée du secteur. Il suggère la mise en place d’un cadre légal pour encadrer les opérateurs de camions-citernes, avec des tarifs maîtrisés et un suivi rigoureux. Son plan inclut aussi des mécanismes de concertation avec les collectivités locales et la société civile pour assurer une meilleure gestion de la ressource.

Le parti plaide pour une approche différenciée, où les réseaux frauduleux seraient traqués de manière spécifique, sans pénaliser l’ensemble des acteurs et des usagers.

Investir dans les infrastructures pour une solution durable

Le FDS rappelle que les mesures d’urgence doivent s’accompagner de solutions structurelles. Il appelle à un renforcement des investissements pour moderniser et étendre le réseau d’eau potable, afin de réduire la dépendance aux solutions de fortune.

« Le droit à l’eau ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’une précipitation mal maîtrisée », insiste le parti. Pour le FDS, la crise actuelle doit être l’occasion de bâtir un système plus résilient, alliant efficacité et équité.