Groupe Wagner : une nouvelle stratégie criminelle en République centrafricaine

Écoutez cet article3 min d'écoute

En République centrafricaine, le groupe Wagner, ce réseau de mercenaires russe, a trouvé dans le trafic de tramadol une source de revenus inespérée pour relancer ses activités. Selon The Wall Street Journal, cette entreprise aurait transformé le pays en un véritable « empire de la drogue », lui offrant un nouvel essor malgré les difficultés rencontrées depuis la mort d’Evgueni Prigojine en 2023.

Le tramadol, une drogue aux multiples visages

Initialement prescrit pour soulager des douleurs modérées, le tramadol est ici détourné de son usage médical. Reconditionné à des concentrations bien plus élevées, il devient un opioïde puissant, comparé à de la « cocaïne du pauvre ». Cette substance, acheminée depuis la République démocratique du Congo par voie fluviale, inonde les marchés locaux et transfrontaliers, contrôlés en grande partie par les mercenaires de Wagner.

Un réseau criminel en pleine expansion

Avec environ 500 hommes présents dans le pays depuis 2018, le groupe Wagner a su tirer profit d’un environnement propice à ses activités illicites. Moins surveillée par les puissances occidentales, la République centrafricaine regorge de ressources naturelles comme l’or, les diamants ou l’uranium. Les mercenaires exploitent notamment les mines d’or, générant selon l’ONG Global Initiative un bénéfice annuel de 180 millions de dollars (environ 160 millions d’euros).

Leur emprise ne se limite pas à l’exploitation minière. Ils contrôlent également la distribution de tramadol, alimentant des réseaux clandestins qui s’étendent bien au-delà des frontières centrafricaines. Leur cible ? Les membres des forces de sécurité, les milices pro-russes, les mineurs d’or à leur service, et même les manifestants. « Pour leur donner plus de courage au combat », explique-t-on.

Un danger qui dépasse les frontières

Les spécialistes interrogés par The Wall Street Journal s’inquiètent d’une possible extension des activités de Wagner vers le Soudan, via les Forces de soutien rapide (FSR). Ces dernières étendent leurs opérations dans des zones voisines de la République centrafricaine, risquant de propager un peu plus l’influence du groupe sur le continent africain.

Suivre les publicationsRecevez les nouveaux articles dans votre lecteur de flux préféré