Tchad

hausse des prix de la volaille à Ati : un défi alimentaire et économique

Les ménages, commerçants et éleveurs d’Ati subissent de plein fouet la montée des tarifs de la volaille. Une crise qui ébranle la sécurité alimentaire et l’équilibre économique de la région.

hausse des prix de la volaille à Ati au Tchad

À Ati, au Tchad, la volaille est devenue un produit de luxe pour de nombreux ménages. La flambée des prix, qui touche aussi bien les poulets que les pintades, s’accompagne d’une baisse marquée de la consommation et d’une activité commerciale en berne. Cette situation, qui s’aggrave depuis plusieurs mois, inquiète autant les familles que les acteurs économiques locaux.

Un marché en souffrance

Le marché central d’Ati, autrefois animé, affiche désormais un calme inhabituel. Les clients, souvent désemparés, négocient longuement avant de repartir, les mains vides. Les prix ont bondi en quelques semaines : un poulet, autrefois accessible entre 6 000 et 8 000 FCFA, s’achète aujourd’hui entre 10 000 et 15 000 FCFA. Les pintades et coqs suivent la même tendance, avec des hausses allant jusqu’à 300 % pour certains produits.

Des ménages en première ligne

Pour les familles, l’achat de volaille est devenu un luxe réservé aux occasions spéciales. « Nous préparions un poulet chaque semaine pour les enfants. Aujourd’hui, c’est devenu un rêve inaccessible. Nous nous rabattons sur des alternatives moins coûteuses, mais souvent moins nutritives », confie Amina Mahamat, mère de famille. La volaille, principale source de protéines animales dans la région, se raréfie dans les assiettes, menaçant l’équilibre alimentaire des populations.

Une pression insoutenable sur le pouvoir d’achat

La hausse des prix survient dans un contexte où le coût de la vie ne cesse de grimper. Les ménages, déjà fragilisés, réduisent leurs dépenses alimentaires pour faire face à cette nouvelle donne. Les commerçants, eux, constatent une chute des ventes, malgré l’augmentation des tarifs.

Les commerçants et restaurateurs en difficulté

Issa Hassan, vendeur de volailles depuis dix ans, constate une baisse drastique de sa clientèle. « Même en augmentant les prix, nous ne gagnons pas davantage. Les clients se font rares, et certains repartent sans acheter », explique-t-il. Les restaurateurs et vendeurs de grillades sont également touchés : pour maintenir leurs marges, ils augmentent les prix ou réduisent les portions, risquant de perdre une partie de leur clientèle.

Les éleveurs sous pression

Abakar Abdoulaye, éleveur dans la région, souligne que les coûts de production explosent. « Les aliments pour volailles, les soins vétérinaires et le transport coûtent de plus en plus cher. Sans compter les pertes liées aux maladies ou aux aléas climatiques », précise-t-il. Pour survivre, les éleveurs n’ont d’autre choix que de répercuter ces hausses sur les prix de vente, aggravant ainsi la situation pour les consommateurs.

Une économie locale fragilisée

La crise de la volaille ne touche pas seulement les ménages. Toute la chaîne économique locale est affectée : transporteurs, revendeurs d’aliments pour bétail, petits commerçants et restaurateurs voient leurs revenus diminuer. Selon des estimations locales, les ventes de volailles auraient chuté de 20 à 30 % par rapport à l’année précédente, un chiffre qui reste à confirmer par des données officielles.

Quelles solutions pour sortir de la crise ?

Face à cette situation, plusieurs pistes sont évoquées pour soutenir la filière avicole et stabiliser les prix. Les acteurs locaux réclament un meilleur accès à des aliments pour volailles à prix abordables, un renforcement des services vétérinaires et des campagnes de vaccination pour limiter les pertes. Des facilités de financement pour les petits éleveurs et un accompagnement technique pourraient également relancer la production locale et améliorer la sécurité alimentaire dans la province du Batha.

Un enjeu de sécurité alimentaire

La flambée des prix de la volaille à Ati illustre les défis auxquels sont confrontées les populations tchadiennes face à la hausse générale du coût de la vie. Sans réponse adaptée, cette crise risque d’aggraver la précarité des ménages et de freiner le développement économique local. Pour beaucoup, l’accès à une alimentation équilibrée devient un combat quotidien, faisant de la maîtrise des prix des produits de première nécessité une priorité absolue pour les autorités.