L’Olympique Lyonnais, battu 1-2 à Prague lors du match aller du 3e tour préliminaire de la Ligue des champions, affronte ce soir le Sparta Prague dans un match retour crucial (21h). Une défaite signifierait la troisième élimination estivale de l’histoire du club rhodanien en phase qualificative européenne. Un scénario qui rappelle trois précédents douloureux : 1999, 2013 et 2014.
Un été 1999 en demi-teinte : Maribor brise les rêves lyonnais
En 1999, l’OL, fraîchement troisième de Ligue 1 et renforcé par l’arrivée du Brésilien Sonny Anderson (18 millions d’euros, un record à l’époque), découvre la Ligue des champions. Mais face au modeste NK Maribor, les ambitions s’effondrent. Au match aller à Gerland, les Lyonnais, dirigés par Bernard Lacombe, s’inclinent 0-1 sur un but de Filipovic à la 89e minute, malgré une domination stérile. Le retour en Slovénie tourne au cauchemar : défaite 0-2 (buts de Simundza et Balajic), avec une équipe comptant dans ses rangs Tony Vairelles, Alain Caveglia ou Vikash Dhorasoo. Le lendemain, L’Équipe titre sobrement : « Lyon, le bide de l’été ».
Relégué en Coupe de l’UEFA, l’OL est éliminé en 16es de finale par le Werder Brême après avoir éliminé le HJK Helsinki et le Celtic Glasgow. En championnat, Lyon termine une nouvelle fois troisième en 2000 et est sorti en quarts de finale des deux coupes nationales.
2013 : Griezmann enterre les espoirs lyonnais en barrages
Quatorze ans plus tard, l’OL est devenu un club structuré, sept fois champion de France entre 2002 et 2008, et demi-finaliste en Ligue des champions en 2010. Pourtant, l’été 2013 réserve une nouvelle désillusion. Après avoir éliminé le Grasshopper Zurich en 3e tour préliminaire, l’OL affronte en barrages la Real Sociedad et Antoine Griezmann. Le Français, jugé trop frêle pour intégrer le centre de formation lyonnais quelques années plus tôt, se venge avec éclat.
Au match aller à Gerland, Griezmann ouvre le score d’une volée du gauche (17e), un but qui fait la une de la presse. Mais la Real Sociedad s’impose 2-0 grâce à un second but de Seferovic (49e). Au retour à Anoeta, les Lyonnais, menés par Rémi Garde et avec dans leurs rangs Samuel Umtiti, Yoann Gourcuff ou Alexandre Lacazette, s’inclinent à nouveau 0-2 (doublé de Carlos Vela).
Éliminé en Ligue Europa en quarts de finale par la Juventus, l’OL termine seulement cinquième en Ligue 1, est sorti en huitièmes de finale de la Coupe de France et s’incline en finale de la Coupe de la Ligue face au PSG (1-2).
2014 : L’humiliation face à l’Astra Giurgiu en Ligue Europa
Bernard Lacombe, alors vice-président de l’OL, résume l’été 2014 avec ses mots : « On s’est fait allumer par une équipe de baltringues qu’on ne connaissait pas ! ». L’OL, entraîné par Hubert Fournier, est alors une référence en Ligue 1 et compte dans ses rangs Corentin Tolisso, Christophe Jallet ou Maxime Gonalons.
Pourtant, face à l’Astra Giurgiu, modeste club roumain, les Lyonnais s’inclinent 1-2 à Gerland malgré l’ouverture du score de Steed Malbranque (25e). Les buts de Fatai (71e) et Budescu (81e, penalty) scellent leur sort. Même victoire 1-0 au retour à l’extérieur (but de Jordan Ferri) ne suffit pas à éviter l’élimination.
Ce revers marque la fin de dix-huit saisons consécutives de présence européenne pour l’OL. Le club terminera deuxième en Ligue 1 en 2015, retrouvant ainsi la Ligue des champions pour la saison suivante.
Que retenir de ces trois échecs ?
- 1999 : une équipe surestimée face à des adversaires modestes, une défense de fer battue par des buts tardifs.
- 2013 : la revanche d’un ancien rejeté, Griezmann, symbole d’une équipe lyonnaise en perte de vitesse mentale.
- 2014 : une humiliation collective face à un club inconnu, révélatrice d’un manque de réalisme et de professionnalisme.
Ce soir, l’OL a l’opportunité de tourner la page de ces échecs estivaux. Une victoire face au Sparta Prague ouvrirait la voie vers les barrages contre le Fenerbahçe ou le Sturm Graz, comme en 2010. Mais le spectre de Maribor, de la Real Sociedad et de l’Astra Giurgiu plane toujours au-dessus du Groupama Stadium.