
Une marque de gratitude spectaculaire. Le souverain Marocain, Mohammed VI, a choisi une manière très personnelle de remercier le président des États-Unis, Donald Trump, pour son appui décisif concernant le Sahara occidental. Par décret royal, une voie express reliant Tiznit à Dakhla portera désormais le nom d’« Autoroute Donald J. Trump », a annoncé l’agence officielle MAP. Cette décision s’inscrit dans un hommage à la fois symbolique et stratégique, reflétant l’importance accordée à ce geste américain.
Dans une correspondance datée du 2 juillet, adressée au locataire de la Maison Blanche, le roi Mohammed VI a souligné que cette initiative vise à immortaliser la « reconnaissance historique de la souveraineté marocaine sur son Sahara en 2020 ». Une décision saluée par les autorités du royaume, pour qui ce soutien reste un pilier de leur position face aux revendications indépendantistes du Front Polisario.
Un geste diplomatique aux racines profondes
Le choix de cette infrastructure n’est pas anodin. Avec ses 1 055 kilomètres, l’« Autoroute Donald J. Trump » devient « la plus longue route d’Afrique », selon les termes du monarque. Une fierté nationale, mais aussi un symbole de l’engagement marocain dans le développement de cette région disputée. Le chantier, lancé en 2015, illustre les investissements colossaux consentis par Rabat pour consolider son emprise territoriale, tout en reliant des zones stratégiques comme Laâyoune à Dakhla.
Le coût de ce projet pharaonique ? Près de 850 millions d’euros. Un investissement justifié, selon les autorités, par la nécessité de désenclaver le Sahara occidental et de stimuler son économie, notamment à travers l’exploitation de ses richesses naturelles.
Un soutien américain qui change la donne
Le revirement de Donald Trump en décembre 2020 a marqué un tournant. En échange de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Une position ferme réaffirmée par l’ancien président américain dans un message publié à l’occasion du 27e anniversaire de l’accession au trône de Mohammed VI. Pour Trump, « le plan d’autonomie marocain reste la seule base viable pour une solution durable », excluant toute alternative susceptible de maintenir le statu quo.
Sur Truth Social, Donald Trump a exprimé son enthousiasme : « Quel honneur immense ! J’espère parcourir un jour cette autoroute dans toute sa longueur. » Une réaction qui a trouvé un écho immédiat au sein des cercles diplomatiques, même si aucune confirmation officielle n’a encore été apportée quant à la visite du président américain.
Cette initiative marocaine s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe. Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, reste un territoire non autonome aux yeux des Nations unies. Contrôlé majoritairement par Rabat, il est revendié par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Une querelle de longue haleine, où chaque geste diplomatique pèse lourd dans la balance.
Les images aériennes de l’axe Tiznit-Dakhla, encore en cours de finalisation, témoignent de l’ampleur des travaux. Entre modernité et ambition politique, cette autoroute incarne la détermination du royaume à faire du Sahara occidental une région pleinement intégrée et prospère.