Massacre au Mali : l’Africa Corps, groupe russe, responsable d’une tuerie atroce
En juillet 2026, le village de Bombori, situé dans la région de Mopti au centre du Mali, a connu l’une des pires violences de ces dernières années. Des forces armées liées à la Russie ont perpétré un massacre ciblant délibérément des civils, faisant neuf morts, dont quatre enfants. Ces exactions, marquées par des exécutions sommaires, des tortures et des pillages, soulèvent de graves questions sur le respect du droit international et la responsabilité des autorités maliennes.
Une attaque méthodique et brutale
Dans la nuit du 9 au 10 juillet 2026, plus de 100 combattants de l’Africa Corps, accompagnés de militaires maliens, ont encerclé Bombori. Armés de pick-up équipés de mitrailleuses et de motos, ils ont envahi le quartier peul du village à l’aube. Leur objectif ? Traquer d’éventuels liens entre les habitants et les groupes armés islamistes, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), présent dans la région depuis 2017.
Les assaillants ont rassemblé au moins 80 hommes et garçons sous un arbre, sous la menace d’armes. Les témoignages recueillis décrivent une scène d’horreur : les combattants ont battu, interrogé et exécuté plusieurs personnes. Six civils ont été abattus alors qu’ils tentaient de fuir, tandis que trois autres ont été exécutés sommairement, dont un décapité. Des maisons ont été pillées et incendiées, réduisant en cendres les biens de familles entières.
Des violences ciblées et une impunité persistante
Selon les habitants interrogés, les forces russes dirigeaient l’opération, soutenues par quelques soldats maliens agissant principalement comme interprètes. Un villageois a décrit un homme blanc, probablement le chef de l’opération, utilisant des talkies-walkies et tirant en l’air pour intimider les civils. Les soldats ont fouillé les poches, saisi les téléphones et photographié les détenus avant de les frapper systématiquement.
Les exactions ont visé exclusivement le quartier peul. Un boucher de la communauté Rimaïbé, voisine des Peuls, a confirmé n’avoir subi aucune violence, ses habitations étant épargnées. Cette sélectivité renforce les craintes d’un ciblage ethnique, les Peuls étant depuis longtemps associés aux groupes islamistes par les autorités maliennes, malgré leur diversité.
Un bilan humain accablant
Les corps de neuf victimes ont été retrouvés : cinq hommes âgés de 19 à 34 ans et quatre enfants âgés de 6 à 17 ans. Certains présentaient des blessures par balle à la poitrine et au dos, tandis que d’autres avaient été égorgés ou décapités. Les témoignages décrivent une scène macabre, avec des corps abandonnés près des habitations brûlées et de la route nationale.
Les trois hommes emmenés vivants n’ont jamais été revus. Leurs corps, retrouvés plus tard, portaient les stigmates de l’exécution : décapitation pour l’un, égorgement pour les autres. Les habitants ont également signalé le vol de bijoux, d’argent et de récoltes, aggravant la détresse des familles survivantes.
Un contexte sécuritaire explosif
Bombori est sous le contrôle du GSIM depuis 2017. Ce groupe, lié à Al-Qaïda, impose une charia stricte et collecte des « impôts » auprès des populations. Cependant, les habitants ont affirmé que les combattants du GSIM avaient quitté le village la veille de l’attaque, laissant la population sans protection. Depuis avril 2026, des offensives coordonnées du GSIM ont aggravé l’insécurité dans la région, attirant des renforts étrangers et exacerbant les tensions.
La junte malienne, arrivée au pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021, a rompu ses alliances avec la France et les Nations unies. Elle s’est tournée vers la Russie, remplaçant progressivement le groupe Wagner par l’Africa Corps en 2025. Ce dernier, placé sous le contrôle direct du Kremlin, reprend les effectifs et les méthodes de son prédécesseur, malgré les promesses de retrait.
Des responsabilités partagées et un appel à la justice
Les autorités maliennes et russes sont tenues de répondre de ces crimes. Le droit international humanitaire interdit formellement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les traitements inhumains. Pourtant, depuis 2021, des rapports documentent des abus répétés commis par l’armée malienne, Wagner puis l’Africa Corps lors d’opérations de contre-insurrection.
Les victimes de Bombori, comme des milliers d’autres Maliens, sont prises au piège d’un conflit où aucun des belligérants ne respecte les règles de la guerre. L’absence de réponse des autorités russes et maliennes aux demandes d’enquête formulées par des organisations de défense des droits de l’homme aggrave le sentiment d’impunité.
Pour les survivants, la reconstruction sera longue. Entre la menace des groupes armés, la répression des forces de sécurité et l’indifférence internationale, la population de Bombori doit faire face à un avenir incertain, marqué par la peur et l’injustice.