Le leader de l’opposition camerounaise dénonce une violation flagrante de la Constitution à travers la prorogation des mandats des conseillers municipaux.

Maurice Kamto, figure incontournable du paysage politique camerounais et président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a officiellement saisi le Conseil constitutionnel après l’adoption controversée d’un décret présidentiel prolongeant le mandat des élus locaux. Cette mesure, officialisée le 4 mai 2026, est qualifiée de coup de force institutionnel par l’opposant, qui y voit une atteinte directe aux principes démocratiques et une usurpation du pouvoir législatif.

L’ancien professeur de droit s’appuie sur l’article 170 du code électoral, modifié en avril 2026, pour dénoncer l’absence de toute disposition rétroactive dans la nouvelle loi. Pourtant, le décret présidentiel a prolongé le mandat jusqu’au 27 février 2026, alors que la limite légale initiale aurait dû s’achever le 9 août de la même année. Pour Kamto, cette décision ignore délibérément le principe constitutionnel de non-rétroactivité des lois, gravement bafoué par cette manœuvre politique.

Selon ses analyses juridiques, l’ensemble des conseils municipaux du Cameroun est désormais en situation de vacance légale depuis le 1er juin 2026. Il exhorte les responsables communaux à tirer les conséquences légales de cette irrégularité, tout en exigeant la convocation immédiate des électeurs pour organiser de nouvelles élections locales. Les institutions camerounaises fonctionnent désormais dans un flou juridique inacceptable, estime-t-il.

La saisine du Conseil constitutionnel vise à obtenir l’annulation pure et simple de ce décret présidentiel. Pourtant, les précédents montrent que cette institution se montre souvent réticente à censurer les actes du pouvoir exécutif, laissant planer le doute sur l’issue de cette procédure. Une question persiste : le Conseil constitutionnel osera-t-il briser ce schéma en confirmant la primauté du droit sur les ambitions politiques ?