Mon Petit Prono : l’application française qui explose pendant la Coupe du monde
Plus de trois millions d’utilisateurs ont rejoint l’aventure Mon Petit Prono, une application devenue incontournable lors de ce Mondial.
- Publié le 13-07-2026 à 13h56
- Mis à jour le 13-07-2026 à 14h14
France, Espagne, Angleterre ou Argentine : l’une de ces équipes soulèvera le trophée de la Coupe du monde ce dimanche. Mais un autre « gagnant » s’est démarqué dès le début du tournoi. Moins médiatisé, ce phénomène n’est ni un pays ni un joueur, mais une application. Mon Petit Prono, ou MPP, s’est imposée dans les conversations des cafés, des bureaux et des foyers depuis le coup d’envoi de la compétition.
Comment fonctionne Mon Petit Prono ?
Mon Petit Prono repose sur un système de ligues personnalisables. Un utilisateur crée une ligue pour son cercle d’amis, sa famille ou ses collègues, puis leur envoie un lien d’invitation. Chaque participant pronostique les résultats des matchs avant leur début, et désigne également le vainqueur final du tournoi ainsi que le meilleur buteur. Un classement en temps réel des participants est mis à jour à chaque match.
Qui utilise Mon Petit Prono ?
Selon les données de Planète des grandes écoles, les principaux utilisateurs de Mon Petit Prono en 2026 sont les étudiants en écoles de commerce, les salariés de grandes entreprises, les familles et les groupes d’amis.
Les raisons d’un succès fulgurant
Pour comprendre ce succès, nous avons interrogé plusieurs utilisateurs de l’application.
Marie, inscrite dans trois ligues différentes (famille, amis, collègues), évoque une habitude ancrée : « Je participe depuis que j’ai l’âge de jouer. Avant, c’était sur une autre application qui n’existe plus. » Elle souligne l’aspect convivial de la ligue professionnelle : « Ça crée une ambiance, on parle de tout sauf du travail. Parfois, je me sens triste pour ceux qui ne participent pas, on en discute au moins une ou deux fois par jour. »
Matia, leader de son classement, explique que l’application permet à chacun de « gagner même sans connaître le football. Bien sûr, plus on regarde les matchs, plus on peut évaluer les favoris ou les outsiders. » Camille, quant à elle, apprécie l’ergonomie de l’application : « Elle est très intuitive, même ceux qui ne s’y connaissent pas peuvent l’utiliser sans difficulté. L’interface est claire et accessible à tous. »
Une application omniprésente au quotidien
Les trois témoignages recueillis révèlent une utilisation intense de l’application. Marie avoue s’être réveillée à plusieurs reprises en pleine nuit pour consulter les résultats : « Au début du Mondial, quand un match avait lieu la nuit, j’avais le ventre noué avant de dormir, surtout avec la canicule. Je me réveillais à 4h du matin, trop énervée pour me rendormir. Il fallait que je vérifie Mon Petit Prono. Si mon pronostic était mauvais, impossible de me rendormir. »
Les limites et dérives potentielles
Si l’application suscite de l’engouement, elle peut aussi générer du stress. Marie, qui cherche des alternatives, précise : « Dès qu’il y a de l’argent en jeu, ça perd son charme. » Elle organise des compétitions avec des lots symboliques, comme un barbecue ou un pack de bières pour le vainqueur. Elle ajoute : « Dans la ligue entre amis, on mise un gros barbecue. Le gagnant reçoit un pack de bières. »
Une autre dérive possible ? Les tensions entre collègues : « Ceux qui ne connaissent rien au foot se font tacler. Je suis mauvaise perdante, ça me stresse. »
Mon Petit Prono : une success story née en 2011
L’histoire de Mon Petit Prono remonte à 2011 sous le nom de Mon Petit Gazon. Trois collègues, Martin Jaglin, Benjamin Fouquet et Grégory Rota, passionnés de football, décident de racheter un site de pronostics alors en déclin. Sans budget marketing ni expérience entrepreneuriale, ils lancent le projet. Leur premier défi ? Utiliser les scores du média sportif L’Équipe pour calculer les points. En 2013, L’Équipe leur demande d’arrêter cette pratique.
Après une tentative d’expansion internationale en 2016 avec My Little Nuts au Royaume-Uni et Mi Gran Delantera en Espagne, les trois fondateurs lèvent un million d’euros en 2018. Leurs investisseurs ? Sébastien Bazin, Martin Solveig et Jean-Étienne Amaury. Ils quittent alors leurs emplois pour se consacrer pleinement au rebranding de leur marque.
En 2022, Mon Petit Gazon est racheté par LFP MEDIA pour un montant estimé entre 20 et 30 millions d’euros. Depuis le 11 juin, Mon Petit Prono connaît une croissance explosive avec plus de 340 % de téléchargements en 8 jours. L’application trône désormais en tête des classements des plateformes de téléchargement.