Intérêt d’une réunion tenue à Niamey entre une délégation de la Banque mondiale conduite par le directeur régional du département Planète pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Chakib Jenane, et le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine

 

Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a reçu, le 30 juin dernier, une délégation de la Banque mondiale conduite par le directeur régional du département Planète pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Chakib Jenane. Cette visite avait pour objectif de réaffirmer l’engagement de l’institution financière internationale à accompagner le Niger dans la relance du projet hydroélectrique de Kandadji.

A l’issue des échanges, M. Jenane a indiqué à la presse que les discussions avaient permis d’examiner les principaux défis auxquels ce projet était confronté, ainsi que les solutions envisagées pour accélérer sa mise en œuvre. Ces échanges ont fait suite aux consultations menées avec les ministres des Transports et de l’Aviation civile, Abdourahamane Amadou, et de l’Economie et des Finances, Mamane Laouali Abdou Rafa.

Il a réaffirmé l’engagement de la Banque mondiale, l’un des partenaires financiers du projet, à soutenir le Niger dans sa réalisation. Selon lui, ce projet constitue un levier majeur pour renforcer la sécurité alimentaire, assurer une gestion durable des ressources en eau, développer la production énergétique ainsi que favoriser le développement agricole et industriel du pays.

Pour rappel, le projet hydroélectrique de Kandadji, situé à l’ouest de Niamey, dans la région de Tillabéri, vise à améliorer la gestion des ressources en eau, promouvoir l’agriculture irriguée, accroître la production d’énergie, préserver l’environnement et soutenir le développement social.

Il prévoit notamment la construction d’un barrage et de ses ouvrages annexes, l’aménagement et l’appui à la mise en valeur de périmètres irrigués couvrant 45 000 hectares le long du fleuve Niger, ainsi que la construction d’une centrale hydroélectrique d’une capacité installée de 130 mégawatts.

Déficit majeur d’accès à l’électricité

Selon la Banque mondiale, le Niger figure parmi les pays au monde qui disposent de la plus faible couverture en électricité. En 2023, la Banque mondiale estimait le taux d’accès à l’électricité dans le pays d’Afrique de l’Ouest à 20,1%, ce taux atteignant 10,4% en zones rurales. En apportant de l’électricité aux ménages et aux entreprises, l’institution multilatérale estime que le barrage aura un impact sur la réduction de la pauvreté au Niger, pays qui figure à la 188ème place sur 193 pays à l’indice de développement humain 2025 du PNUD.

Le barrage de Kandadji est en construction sur le fleuve Niger, à 187 km en amont de Niamey et 489 km en amont de la frontière avec le Nigeria. Il est situé par ailleurs à 60 km de la frontière avec le Mali. Il aura une digue de 28 m de haut et 8,5 km de long, avec une capacité de retenue de 1,5 milliard de mètres cubes.

Initiés pour la première fois en 2008 puis relancés en mars 2019, les travaux affichent un taux d’exécution global d’environ 30 %. Le coût du barrage est estimé à environ 740 milliards de FCFA (1 286,7 millions de dollars US). Fin 2023, la crise politique au Niger avait gelé ce chantier après la suspension des travaux par le constructeur chinois Gezhouba Group.