Le Bénin mise sur l’innovation pour booster ses exportations de fruits

Pour s’imposer sur le marché international des fruits, le gouvernement du Président Romuald Wadagni engage une transformation radicale de sa filière agricole. Entre l’inauguration prochaine d’une unité de production de vitroplants à Glo-Djigbé et la mise en service d’un quai fruitier ultra-moderne à l’aéroport de Cotonou, le pays réinvente sa chaîne de valeur. Objectif : passer d’une agriculture de subsistance à une agro-industrie compétitive, capable de répondre aux exigences des marchés globaux.

Un nouveau souffle pour l’économie béninoise

Depuis des décennies, l’agriculture béninoise peinait à se développer en raison de pratiques obsolètes : exportation de produits bruts non standardisés et logistique défaillante entraînant des pertes colossales après récolte. La donne change avec une stratégie ambitieuse centrée sur la maîtrise totale de la chaîne de valeur. En ciblant trois filières porteuses — l’ananas, l’anacarde et la mangue — le Bénin vise des marchés étrangers en forte demande, tout en sécurisant les revenus des producteurs locaux et en générant des emplois qualifiés.

Porté par le Projet d’Appui à la Compétitivité des Filières Agricoles et à la Diversification des Exportations (PACOFIDE), ce virage stratégique s’appuie sur deux piliers : l’innovation technologique et une logistique optimisée. Résultat ? Une autosuffisance semencière et une réduction drastique des pertes post-récolte, gages d’une compétitivité accrue à l’international.

Glo-Djigbé : le cœur battant de la révolution semencière

Au sein de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé, une usine de production de vitroplants est en passe de devenir un modèle africain. Avec une capacité annuelle de 13,5 millions de plants, cette infrastructure marque un tournant décisif. Les agriculteurs béninois pourront désormais accéder à des plants résistants aux maladies, homogènes et adaptés aux normes internationales, éliminant les aléas des semences traditionnelles.

Pour concrétiser cette avancée, 1 000 hectares sont aménagés en champs élites et de démonstration. Ce site servira de terrain d’expérimentation pour valider les performances des nouveaux vitroplants d’ananas avant leur diffusion massive. Une démarche essentielle pour garantir un retour sur investissement optimal aux producteurs.

Le Ministre de l’Agriculture, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a souligné l’importance stratégique de cette initiative : « Aucune nation ne peut réussir sa révolution agricole sans contrôler son industrie semencière. Le Bénin prend son destin en main. »

Cotonou : un quai fruitier pour des exportations sans faille

Produire en quantité et en qualité supérieure ne suffit pas si les fruits pourrissent avant d’atteindre leur destination. Le PACOFIDE comble ce vide avec un quai fruitier moderne à l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou. Équipé de chambres froides, de zones de stockage réfrigéré et d’aires dédiées aux formalités douanières, cette infrastructure peut traiter jusqu’à 736 palettes simultanément.

Grâce à cette innovation, la chaîne du froid est maintenue de la récolte à l’embarquement, réduisant drastiquement les pertes. Les fruits béninois — comme l’ananas pain de sucre ou les produits maraîchers — arrivent frais sur les étals européens et asiatiques, leur permettant de négocier des prix bien plus avantageux.

Une transition saluée par les acteurs locaux

Les récents travaux de supervision ont confirmé le respect scrupuleux des délais et la qualité des réalisations. Le Ministre Bloukounon Goubalan a salué cette avancée, rappelant que sous l’impulsion du Président Romuald Wadagni, le Bénin choisissait la souveraineté économique. « En maîtrisant nos semences et notre logistique, nous renforçons notre indépendance et notre compétitivité », a-t-il déclaré.

Cette approche intégrée, associant recherche scientifique et performance logistique, comble un retard historique. Elle séduit également les investisseurs privés et les partenaires internationaux, qui y voient un signal fort : le Bénin devient un acteur agricole fiable et structuré, prêt à rivaliser avec les plus grands.

Vers une économie agricole résiliente et exportatrice

En reliant l’excellence technologique de Glo-Djigbé à l’efficacité logistique de Cotonou, le gouvernement béninois pose les bases d’une agriculture résiliente et fortement exportatrice. Ce pari ne se limite pas à l’augmentation des volumes : il vise une transformation structurelle de l’économie nationale.

En conservant la richesse créée par la terre au sein des acteurs locaux, le Bénin écrit une nouvelle page de son histoire agricole. La révolution verte est en marche, portée par des arguments technologiques et une vision audacieuse. Demain, les fruits béninois s’exporteront avec une fraîcheur et une qualité inégalées, marquant l’avènement d’une nouvelle ère pour le pays.