ONU et cuba : les coulisses du vote marocain qui a surpris tout le continent
Derrière le scrutin onusien : ce qui a vraiment poussé le Maroc à s’opposer au consensus africain
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 28 octobre 2026, une nouvelle résolution appelant à la fin du blocus américain contre Cuba. Avec 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions, le texte a confirmé le soutien d’une majorité écrasante de pays à la levée des sanctions économiques imposées à l’île depuis plus de soixante ans. Pourtant, parmi les 17 États ayant voté contre, un seul représente l’Afrique : le Maroc.
Cette position, contraire à celle de ses partenaires continentaux, soulève une question essentielle : quelles sont les motivations profondes de Rabat dans un dossier où la solidarité africaine semblait acquise ? Derrière le vote se cachent des enjeux diplomatiques et économiques qui dépassent le simple cadre des relations entre Washington et La Havane.
Pourquoi le vote marocain tranche avec celui du reste de l’Afrique
La quasi-totalité des pays africains ont soutenu la résolution, suivant une tradition diplomatique ancrée dans la défense de la souveraineté des États et le rejet des mesures économiques unilatérales. Pourtant, le Maroc a choisi de se singulariser en alignant sa voix sur celle des opposants au texte. Une décision d’autant plus surprenante que Rabat avait opté pour l’abstention lors du dernier scrutin similaire.
Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce changement. Certains observateurs évoquent un possible rapprochement stratégique avec les États-Unis, alors que d’autres y voient une volonté de marquer une indépendance de décision face aux positions africaines. Ce qui est certain, c’est que l’absence de justification officielle rend toute interprétation hasardeuse. Une chose est sûre : ce vote marque une inflexion notable dans la diplomatie africaine, où les consensus ne sont plus aussi évidents qu’auparavant.
Un virage diplomatique ou une stratégie calculée ?
Le scrutin de 2026 révèle une évolution subtile des rapports de force à l’ONU. Si le Maroc n’a pas fourni d’explication publique à son vote, plusieurs indices permettent d’éclairer cette décision.
- Le contexte géopolitique : Dans un contexte de recomposition des alliances internationales, Rabat pourrait chercher à diversifier ses partenariats. Les États-Unis, principaux promoteurs de la résolution, ont multiplié les démarches diplomatiques pour convaincre les pays de ne pas la soutenir. Leur influence sur le vote marocain reste une piste crédible.
- Les intérêts économiques : Le Maroc, comme de nombreux pays, entretient des relations commerciales avec les États-Unis. Une réduction des tensions pourrait favoriser les échanges, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche ou des énergies renouvelables.
- L’équilibre africain : Rabat a toujours insisté sur sa place centrale au sein du continent. Ce vote ne doit pas être interprété comme un rejet de l’Afrique, mais plutôt comme une démonstration de sa capacité à prendre des décisions souveraines, même si elles s’écartent du consensus continental.
Cette stratégie pourrait aussi s’inscrire dans une logique de différenciation face à des pays africains qui, de plus en plus, adoptent des positions autonomes par rapport aux anciennes puissances coloniales.
Blocus contre Cuba : un enjeu économique et humanitaire au cœur des débats
Depuis son instauration dans les années 1960, le blocus américain contre Cuba a façonné les relations internationales et le destin de l’île. Les conséquences de ces sanctions sont multiples : restrictions commerciales, pénuries, crise énergétique et difficultés accrues pour la population.
Les partisans de la résolution estiment que la levée des sanctions permettrait de soulager les Cubains et de relancer l’économie locale. Le gouvernement cubain, quant à lui, dénonce une mesure coercitive qui porterait atteinte à sa souveraineté et aggravrait les souffrances de sa population.
Les États-Unis, de leur côté, justifient leur politique par des considérations de droits humains et de démocratie. Ils rejettent l’argument selon lequel le blocus pénalise davantage la population que le régime en place. Pour eux, la résolution onusienne est avant tout un symbole politique, sans effet contraignant réel.
En adoptant cette résolution pour la 34ᵉ fois, l’ONU réaffirme son attachement au multilatéralisme et au respect du droit international. Pourtant, la persistance du blocus montre que les symboles ne suffisent pas à faire évoluer les rapports de force.
Que retenir du scrutin de 2026 : une nouvelle donne diplomatique ?
Le vote du 28 octobre 2026 confirme une tendance déjà observée les années précédentes : le nombre de pays soutenant la levée de l’embargo diminue progressivement. Entre 2025 et 2026, le nombre de voix « pour » est passé de 165 à 130, tandis que les abstentions ont augmenté (de 12 à 25).
Ce recul peut s’expliquer par l’intensification des pressions américaines sur certains États, ou par un désengagement progressif de certains pays en raison de priorités diplomatiques changeantes. Toujours est-il que cette évolution pose une question cruciale : l’Afrique est-elle en train de se fracturer sur des questions de solidarité historique ?
Pour le Maroc, l’enjeu sera désormais de préciser sa position. Une clarification des motifs de son vote pourrait permettre de mieux comprendre la place que Rabat souhaite occuper dans le concert des nations africaines et internationales.
Une chose est certaine : le vote marocain du 28 octobre 2026 ne restera pas sans lendemain. Il marque un tournant dans la diplomatie africaine et rappelle que les équilibres internationaux sont plus fragiles que jamais.
