La Russie étend son emprise militaire en Afrique du Nord via six bases stratégiques
L’African Corps, bras armé russe, s’implante durablement dans six bases aériennes libyennes, révélant une stratégie d’expansion militaire et logistique en Afrique du Nord. Ces installations, dispersées sur l’ensemble du territoire, servent de hubs pour le transfert d’armes, de mercenaires et de combattants vers les zones de conflit les plus instables du continent.
D’après les analyses géospatiales les plus récentes, le Kremlin y déploie des infrastructures militaires complètes, incluant des systèmes de défense aérienne, des avions de combat MiG-29 et des drones. Les bases d’Al-Joufra, Al-Khadim, Al-Qardabiyah, Brak Al-Shati, Maaten al-Sarra et Tamenhant concentrent désormais une activité logistique et opérationnelle intense, avec une présence permanente de militaires et de mercenaires russes.
Maaten al-Sarra : un carrefour stratégique au cœur du Sahel
Parmi ces sites, Maaten al-Sarra, située près des frontières du Tchad et du Soudan, joue un rôle central dans la stratégie russe. Abandonnée depuis 2011, cette base a été remise en état en 2024 grâce à l’intervention de soldats syriens, puis transformée en plateforme logistique majeure. Depuis ce point, Moscou peut acheminer discrètement du matériel militaire vers des pays comme le Burkina Faso, le Mali ou le Soudan, selon des sources spécialisées.
Les experts soulignent que cette présence permet à la Russie de contourner les restrictions internationales et d’alimenter des conflits régionaux en toute discrétion. « Une telle installation offre à Moscou une capacité logistique sans précédent pour soutenir des opérations clandestines en Afrique subsaharienne », explique un analyste militaire occidental.
Al-Khadim : une base en expansion permanente
Al-Khadim, située à une centaine de kilomètres à l’est de Benghazi, illustre l’évolution rapide de l’influence russe. En 2026, la base a vu l’ajout d’une caserne, tandis que des hangars, un centre récréatif et des infrastructures de soutien ont été construits les années précédentes. Les investigations à source ouverte ont même permis d’identifier des déplacements de personnel lié à Gazprom entre cette base et des zones minières en République centrafricaine.
Les données géolocalisées confirment une rotation régulière de militaires russes, dont un officier de la 102ème division d’infanterie motorisée. Ces mouvements s’accompagnent d’opérations de trafic d’armes, notamment vers les Forces de soutien rapide soudanaises pendant leur conflit civil.
D’autres bases sous contrôle russe
Dans le centre de la Libye, Al-Joufra accueille depuis 2019 des forces paramilitaires russes. Les récentes rénovations incluent des hangars modernisés, des entrepôts sécurisés et des barrières défensives, transformant ce site en une position militaire clé. À proximité de Syrte, Al-Qardabiyah a vu ses pistes d’envol renforcées et de nouvelles défenses périphériques érigées, tandis que Brak Al-Shati a bénéficié de nouveaux hangars et bâtiments de maintenance depuis 2024. Les effectifs y ont augmenté de 50 % en quelques mois.
Enfin, Tamenhant, au sud du pays, a servi de point de départ à des opérations du groupe Wagner (prédécesseur de l’Africa Corps) pour livrer des armes au Soudan. Les projets d’expansion récents incluent la construction de logements, la réfection des routes et des modifications des pistes d’atterrissage.
Une menace pour la stabilité régionale et les efforts de paix
La présence militaire russe en Libye ne se limite pas à une démonstration de force. Elle freine les tentatives d’unification nationale en bloquant l’expulsion des troupes étrangères. « Cette ingérence étrangère alimente les divisions entre factions libyennes et compromet les négociations de paix », confie un observateur des dynamiques géopolitiques africaines.
En soutenant certaines milices et en fournissant un appui logistique à des groupes armés, Moscou s’impose comme un acteur incontournable des conflits sahéliens. Les analystes estiment que cette stratégie vise à sécuriser des routes commerciales, des ressources minières et une influence politique durable dans une région déjà fragilisée par l’instabilité.