Devant le Conseil de sécurité, la Chine a appelé à traiter les racines du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, estimant que le pillage des richesses minières demeure un moteur essentiel de l’insécurité dans la région des Grands Lacs.
À la tribune onusienne, l’ambassadeur Fu Cong a souligné la persistance des combats et la résurgence de l’épidémie d’Ebola, ce qui empire les conditions sécuritaires et humanitaires. Il a plaidé pour une action collective urgente afin de renverser la dynamique négative.
Le représentant chinois a mis l’accent sur les causes économiques de la guerre.
« Il faut s’attaquer sans délai aux causes profondes. Les immenses ressources de la RDC devraient servir le développement du pays, mais elles sont détournées par des groupes armés et alimentent un trafic qui nourrit le conflit », a-t-il déclaré.
Selon Pékin, une gestion plus rigoureuse du secteur extractif est nécessaire pour rétablir la stabilité. Fu Cong a précisé que son pays appuie les initiatives régionales visant à mettre en place une coopération minière transparente et inclusive pour briser le cycle du trafic.
Le diplomate a aussi exhorté le Conseil à accroître son soutien aux mécanismes régionaux, afin d’améliorer la transparence et la traçabilité des exportations minières.
Il a invité les puissances étrangères à faire preuve de davantage de coopération.
« Les grandes puissances extrarégionales doivent cesser d’utiliser les ressources naturelles comme monnaie d’échange dans la résolution des crises locales. Il est impératif d’encourager une coopération ouverte, sans jeu à somme nulle, pour que les fruits de l’exploitation des richesses profitent aux populations », a-t-il martelé.
Depuis plus de trente ans, la prédation économique alimente les violences dans l’est de la RDC. Des sites comme Rubaya sont sous le contrôle de groupes armés, notamment l’AFC/M23, qui exportent illégalement des minerais vers les États voisins. Kinshasa déplore une perte massive de recettes fiscales, freinant le développement. Le gouvernement congolais qualifie la guerre de « conflit économique » provoqué par le Rwanda via ses supplétifs, ce que Kigali dément.
Les États-Unis ont parrainé l’Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, abordant sécurité et économie. Mais son application reste limitée, les deux parties s’accusant mutuellement de ne pas tenir leurs promesses, avec des interprétations divergentes.
Le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar, peine à produire des résultats tangibles entre Kinshasa et l’AFC/M23. Les discussions n’ont pas encore modifié la situation sécuritaire.