Retour massif des Dogons déplacés dans le centre du Mali

L'accord passé avec les terroristes du Jnim impose des règles strictes aux habitants<span class=Nicolas Remene/Le Pictorium/MAXPPP/dpa/picture alliance » decoding= »async » data-nimg= »fill » class= »object-cover object-center » style= »position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;color:transparent » src= »https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/RfbpLTZFKmTbM22.USysZQ–/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjt3PTEyNDI7aD02OTk7Y2Y9d2VicA–/https://media.zenfs.com/fr/deutsche_welle_fr_953/8eb93059fffa267382e5b1c2a1b53bc1″>

Des milliers de personnes ayant fui les violences dans le cercle de Bankass, au centre du Mali, ont décidé de regagner leurs villages. Ce retour est rendu possible grâce à des accords locaux conclus entre les communautés villageoises et le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al Qaïda.

Les habitants, majoritairement dogons et peuls, peuvent ainsi retrouver leurs habitations et leurs champs. En échange, ils doivent se plier à des règles imposées par les groupes djihadistes : port du voile obligatoire pour les femmes, interdiction de l’enseignement occidental dans les écoles, et code vestimentaire masculin spécifique.

Fermeture d’écoles et port du voile imposés

Ces conditions touchent les codes vestimentaires et les pratiques religieuses. Les hommes doivent désormais porter des pantalons courts, les écoles républicaines sont fermées et les femmes sont tenues de porter le voile. La prière collective est également imposée.

En contrepartie, les villageois peuvent cultiver leurs terres et faire paître leurs troupeaux, à l’entame de la saison des pluies qui a débuté en juin.

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un éducateur du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Après sept ans d’absence, il est rentré chez lui, mais sans sa femme ni ses enfants. Il explique :

« Notre école a été détruite par les groupes armés terroristes lors du déplacement du village en 2019. Ils ont tout cassé. Même si on nous demandait de reconstruire l’école tout de suite, nous n’allons pas être d’accord. Nous avons repris nos activités après les garanties données par le maire de Bankass. Nous n’avons pas encore commencé à porter des pantalons courts. Nous ne sommes pas non plus revenus avec nos épouses, pour savoir s’il faut porter le voile islamique ou quelque chose comme cela. »

La culture des champs reprend

Selon Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, la signature des accords a incité un grand nombre de déplacés à rentrer. Il déclare :

« Grâce aux accords signés, les gens reviennent dans toutes les localités abandonnées. Les 13 villages qui accueillent leurs ressortissants comptent deux villages de Kani Bozon, un village de la commune rurale de Dimbal. Tout le reste, ce sont des villages de la commune de Bankass. Il pleut actuellement et beaucoup de revenants ont commencé à cultiver leurs champs en toute sécurité. Tout le monde est satisfait. »

Les accords locaux prévoient que les autorités coutumières et les notables doivent se conformer aux règles établies par les groupes armés, qui placent l’application de la charia au cœur de leur collaboration avec les villageois.