Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a fermement invité le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, à promulguer la loi portant révision de la Constitution. Ce texte a été adopté ce lundi à la majorité qualifiée par les députés. Selon Sonko, le président de la République ne peut pas choisir uniquement les dispositions constitutionnelles qui lui semblent favorables, ni soumettre cette réforme à un référendum. Il argue que le vote des trois cinquièmes des députés équivaut à la fois à une adoption et à une approbation définitive.

Peu après le scrutin, Ousmane Sonko a rappelé que le « pouvoir constituant » réside au sein de l’Assemblée nationale lorsqu’elle est réunie. Il a jugé non fondée la saisine du Conseil constitutionnel par le président Faye, affirmant que la haute juridiction s’est déjà exprimée sur la procédure applicable aux révisions constitutionnelles votées par le Parlement.

Le président de l’Assemblée nationale a également critiqué l’attitude du chef de l’État sur plusieurs points de la réforme, notamment l’obligation pour le président de déclarer son patrimoine en début et en fin de mandat, ainsi que l’interdiction de diriger un parti politique pendant l’exercice de ses fonctions. Sonko a souligné que ces mesures étaient jadis défendues par l’actuel président lorsqu’il était dans l’opposition.

Qualifiant cette révision de « l’une des plus consolidantes » pour la démocratie sénégalaise, Ousmane Sonko estime qu’elle renforcera la transparence dans la gestion publique tout en réduisant les coûts du fonctionnement démocratique. Il a conclu en appelant le président de la République à revenir sur sa position et à promulguer la loi, jugeant un référendum sur ces dispositions inutile.