Les groupes djihadistes actifs dans la zone des « trois frontières » ont publié une vidéo qu’ils présentent comme le déroulement de l’assaut mené le 17 juin 2026 contre la base militaire d’Inates, dans l’ouest du Niger. Cette diffusion ranime les préoccupations sécuritaires dans la région de Tillabéry.

D’après les images et les commentaires accompagnant cette publication, l’offensive aurait débuté par des tirs de mortier ciblant les installations. Les assaillants affirment avoir encerclé la base avant de passer à l’action avec armes automatiques et lance-grenades, dans ce qui semble être une opération minutieusement planifiée.

Les auteurs de la vidéo soutiennent que les soldats nigériens n’auraient opposé qu’une résistance limitée avant de tenter de se replier. Ils ajoutent que plusieurs embuscades avaient été disposées autour du site pour bloquer toute retraite ou l’arrivée de renforts.

Les bilans avancés par les groupes armés demeurent toutefois impossibles à vérifier de manière indépendante. Ils revendiquent la mort d’au moins 80 militaires nigériens, la destruction de sept véhicules blindés, six pick-up et neuf camions-citernes. Ils affirment aussi s’être emparés de vingt pick-up, dix-huit mitrailleuses, un fusil de précision, plusieurs lance-grenades, trois mortiers et d’importantes quantités de munitions.

À ce stade, ces chiffres n’ont été confirmés ni par les autorités nigériennes ni par une source neutre. Comme souvent dans ce type de conflit, les organisations armées utilisent leurs propres vidéos à des fins de propagande : démontrer leur capacité opérationnelle, intimider leurs adversaires et renforcer le recrutement. Les bilans qu’elles diffusent peuvent donc être exagérés ou partiels.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle attaque illustre une fois de plus la dégradation persistante de la sécurité dans la région de Tillabéry, où les forces nigériennes font face à des offensives de plus en plus sophistiquées. Malgré les changements de stratégie et le renforcement de la coopération militaire avec de nouveaux partenaires, les groupes armés continuent de prouver leur capacité à planifier des assauts complexes contre des positions militaires.

La diffusion de cette vidéo constitue également un message stratégique. Au-delà de la violence des combats, elle vise à afficher la puissance des djihadistes, à saper le moral des forces de sécurité et à envoyer un signal à tous les acteurs engagés dans la lutte contre l’insurrection au Sahel.