tragédie sur le lac Tchad : des pêcheurs nigérians victimes des frappes tchadiennes
Une opération militaire de grande envergure menée par l’armée tchadienne contre des groupes armés sur le lac Tchad aurait causé la mort de plusieurs dizaines de pêcheurs nigérians. Selon des témoignages recueillis par des médias locaux, ces frappes aériennes auraient eu lieu ce week-end.
des frappes ciblant les bastions de Boko Haram
Depuis vendredi, des avions de combat tchadiens ont bombardé des îles situées sur le lac Tchad, des zones sous contrôle de Boko Haram. Ces opérations surviennent en réponse à une attaque récente menée par les djihadistes contre les forces tchadiennes. Les frappes auraient particulièrement touché l’île de Shuwa, un territoire considéré comme un repaire pour Boko Haram et un lieu de pêche majeur pour les populations locales. Les pêcheurs nigérians étaient autorisés à accéder à cette région après avoir versé une redevance imposée par les groupes armés.
des victimes parmi les pêcheurs civils
Un responsable syndical des pêcheurs du lac Tchad a confirmé la disparition d’au moins 40 pêcheurs nigérians, probablement décédés noyés lors des bombardements. « Beaucoup de personnes ont été tuées », a déclaré Adamu Haladu, un pêcheur originaire de Baga, dans le nord-est du Nigeria. Selon ses dires, la majorité des victimes venaient de Doron Baga et de l’État de Taraba.
une région sous l’emprise de l’insécurité
Le lac Tchad, partagé entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, est devenu un foyer d’activités terroristes pour Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) depuis plus de quinze ans. Pour contrer cette menace, les pays riverains avaient formé en 2015 une force multinationale mixte. Cependant, cette coopération s’est affaiblie ces dernières années, notamment avec le retrait du Niger en 2025. À ce jour, l’armée tchadienne n’a pas encore réagi officiellement aux accusations concernant les victimes civiles.
Pour en savoir plus : Tchad : l’état d’urgence décrété dans la province du Lac après des attaques de Boko Haram