Le journaliste menacé de mort

Ephrem Yalike-Ngonzo avait été approché fin 2019 alors qu’il travaillait pour plusieurs journaux, et percevait entre quinze et trente euros, soit le quart de son salaire mensuel, à chaque publication d’un article en faveur de l’armée centrafricaine et de ses partenaires russes.

Ce lanceur d’alerte avait pris la parole en 2024 dans le cadre d’une enquête de Forbidden Stories sur les opérations d’influence russe en Afrique. Visé par des menaces de mort de la part du groupe Wagner, il avait été contraint de fuir son pays peu de temps auparavant. Les révélations d’Ephrem Yalike-Ngonzo ont finalement porté leurs fruits, entraînant des sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, l’un des cerveaux de la propagande de Moscou en Centrafrique.

Ce journaliste centrafricain avait obtenu un laissez-passer pour accéder au territoire français, où il résidait depuis 2024 grâce à l’intervention d’Emmanuel Macron. Mais le gouvernement français a refusé sa demande d’asile, déclarant que cette décision était « un signal extrêmement négatif » envoyé à tous ceux qui veulent lutter contre la propagande russe.

Depuis 2024, Ephrem Yalike-Ngonzo avait trouvé refuge en France, après avoir révélé les rouages du système de désinformation russe mené par le groupe paramilitaire Wagner. Il avait bénéficié d’un laissez-passer pour accéder au territoire français, et ce vendredi 10 juillet, sa demande d’asile pour la France a été refusée.

Le journaliste centrafricain continue de se cacher en France avec sa famille, en attendant la décision du recours qu’il a déposé devant la Cour nationale du droit d’asile. Ses proches, restés en Centrafrique, sont régulièrement interrogés et sommés de révéler son lieu de résidence.

La décision de refuser l’asile à Ephrem Yalike-Ngonzo a suscité une grande indignation dans la communauté internationale. Les révélations du journaliste sur les opérations d’influence russe en Afrique ont finalement porté leurs fruits, entraînant des sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov.

Le gouvernement français a expliqué que la décision de refuser l’asile à Ephrem Yalike-Ngonzo était motivée par les « risques importants » pour la sécurité nationale. Mais le journaliste et ses proches affirment que cette décision est une attaque contre la liberté d’expression et la démocratie en Afrique.