Le mois de septembre 2026 marquera un tournant dans l’engagement diplomatique du Bénin sur la scène panafricaine. Cotonou prendra en effet les rênes du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) pour un mandat d’un mois, une responsabilité qui s’inscrit dans le cadre de son élection au sein de cet organe décisionnel pour une durée de deux ans (2026-2028).

Un mandat de deux ans qui s’ouvre à Cotonou

Cette présidence mensuelle est le fruit d’une élection intervenue le 11 février, lors de laquelle le Bénin a été choisi parmi les 15 membres du CPS. Depuis, les préparatifs se sont accélérés, notamment lors d’une rencontre stratégique à Addis-Abeba. La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a échangé avec le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, en marge de la 49ᵉ session du Conseil exécutif de l’organisation. L’objectif ? Finaliser les détails de cette prise de fonction et tracer la feuille de route des mois à venir.

Un rôle diplomatique bien au-delà d’une simple rotation

Si la présidence tournante ne donne pas un pouvoir décisionnel unilatéral, elle positionne le Bénin au cœur des enjeux continentaux. Cotonou disposera d’un levier clé pour façonner l’agenda des sessions et mettre en avant les priorités du moment :

  • Définition des priorités : Le Bénin choisira les thématiques devant structurer les débats, en ciblant notamment les crises les plus pressantes du continent.
  • Mise en avant des crises africaines : La gestion des tensions au Sahel, le conflit au Soudan ou encore l’instabilité en Corne de l’Afrique pourront être mis à l’ordre du jour avec une attention particulière.
  • Coordination renforcée : Le pays assurera le lien entre les différentes instances de l’UA, dont le Groupe des sages et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, pour une approche concertée des défis sécuritaires.

Une visibilité accrue sur la scène internationale

L’opportunité est d’autant plus stratégique que cette présidence coïncidera avec la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Une plateforme idéale pour que le Bénin, en tant que porte-parole du CPS, défende les positions africaines en matière de sécurité et de gouvernance face à la communauté internationale.