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Le Bénin élargit son réseau de partenariats militaires. Le 24 septembre 2026, à Cotonou, le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Agonkan, a reçu l’ambassadeur d’Algérie près le Bénin, Ammar Hadjar. Objectif : poser les bases d’une coopération bilatérale dans les domaines de la défense et de la sécurité.

Une rencontre pour poser les fondations d’un partenariat

La rencontre entre les autorités béninoises et algériennes a porté sur le renforcement des échanges dans le domaine militaire. Alger s’est dite prête à partager son expérience opérationnelle avec les Forces armées béninoises, notamment par la formation des troupes et le développement des capacités. Cette proposition intervient dans un contexte régional marqué par des menaces asymétriques et l’évolution des modes opératoires des groupes armés.

Ce que l’Algérie propose concrètement au Bénin

L’armée algérienne dispose d’une expérience reconnue dans la lutte contre les groupes armés. Son ministère de la Défense met régulièrement en avant ses capacités et son retour d’expérience en matière de lutte antiterroriste. Pour Cotonou, l’enjeu dépasse donc la simple acquisition de matériel : il s’agit de renforcer les compétences, la formation, la préparation opérationnelle et l’interopérabilité des forces béninoises.

Le ministre Gildas Agonkan a exprimé le souhait de tirer profit de cette expertise et a plaidé pour des accords-cadres couvrant différents aspects de la défense nationale. L’objectif affiché est de construire une coopération durable et de consolider les capacités opérationnelles des forces béninoises.

Une diversification militaire déjà engagée

L’ouverture vers Alger ne constitue pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large. Ces derniers mois, Cotonou a multiplié les échanges dans le domaine de la défense avec plusieurs pays, notamment les États-Unis, les Émirats arabes unis, l’Allemagne et les Pays-Bas. Le ministère béninois de la Défense fait lui-même état d’une politique de coopération militaire avec plusieurs États et d’accords permettant aux militaires béninois de bénéficier de stages de formation et de perfectionnement à l’étranger.

La logique est simple : multiplier les canaux de coopération pour disposer d’un éventail plus large d’expertises, de formations et de capacités. Cette approche permet aussi au Bénin de rechercher des partenariats adaptés à ses propres réalités sécuritaires, notamment dans le nord du pays, où les forces font face à la menace des groupes armés actifs dans l’espace sahélien.

Le renforcement des capacités nationales comme priorité

La coopération militaire ne signifie pas transfert de responsabilité. Le principe demeure celui du renforcement des capacités nationales. Le Bénin dispose déjà de ses propres structures de formation et de perfectionnement. En juillet 2026, l’École nationale supérieure des armées (ENSA) a enregistré un taux de réussite de 96,15 % pour sa 22ᵉ promotion du stage préparatoire au diplôme d’état-major, avec des auditeurs issus de sept pays. Le ministère présente cette école comme un outil de formation et de résilience des forces.

L’ouverture à l’expertise étrangère vient donc compléter cet effort plutôt que s’y substituer. La démarche engagée avec Alger pourrait permettre aux militaires béninois de confronter leurs méthodes à d’autres expériences, d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer leur capacité à répondre à des menaces en constante évolution.

Vers une éventuelle formalisation

Aucune date de signature d’un accord-cadre entre les deux pays n’a encore été annoncée. Les discussions doivent se poursuivre avant une éventuelle formalisation de nouveaux engagements. Mais le signal politique et stratégique est déjà visible : le Bénin ne ferme aucune porte en matière de coopération sécuritaire.

De Washington à Abou Dhabi, de Berlin à Alger, en passant par d’autres partenaires, Cotonou cherche à multiplier les sources d’expertise et de formation. Dans un environnement régional marqué par la progression des menaces asymétriques, cette diversification constitue une manière pour le Bénin de consolider progressivement ses propres capacités de défense, en combinant son expérience nationale avec celle de partenaires aux compétences différentes.

L’offre algérienne arrive ainsi dans un paysage déjà en mouvement. Elle ajoute une nouvelle pièce à une architecture sécuritaire que le Bénin construit autour d’un principe simple : renforcer ses forces, diversifier ses partenaires et conserver la maîtrise de ses choix de défense.

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By Maimouna Hamani

Rédacteur Web