Une plateforme panafricaine exige un cadre de négociation global pour la réforme électorale en Côte d’Ivoire
La Plateforme panafricaine des femmes et des jeunes pour la paix, la démocratie et la gouvernance (2Pfj) lance un appel pressant en faveur d’un processus de dialogue politique à la fois inclusif, participatif et profond pour encadrer les réformes électorales en Côte d’Ivoire. Dans son communiqué transmis cette semaine, l’organisation insiste sur la nécessité de construire des fondations solides pour l’avenir démocratique du pays.
Un diagnostic partagé pour des réformes électorales durables
Pour la 2Pfj, la réforme électorale ne peut se contenter d’une simple présentation administrative des mesures envisagées. Elle doit s’appuyer sur un examen transparent et collectif de la situation politique et sociale ivoirienne, encore marquée par les stigmates des crises passées. L’objectif ? Garantir une gouvernance électorale qui reflète réellement les attentes de l’ensemble des citoyens.
« Les réformes électorales touchent aux piliers de la République et de la démocratie », souligne l’organisation. Elle rappelle que ces changements doivent émerger d’un consensus national, et non d’une décision unilatérale. Pour y parvenir, la 2Pfj propose que le gouvernement transforme l’actuel cadre d’échange en une arène de négociation républicaine, réunissant toutes les forces vives du pays.
Des mécanismes concrets pour une gestion électorale apaisée
Parmi les mesures phares défendues par la plateforme, on retrouve la création de commissions techniques paritaires, associant représentants du gouvernement, de l’opposition et de la société civile. Ces structures auraient pour mission de définir avec précision :
- Les compétences des futurs organes électoraux ;
- Leur autonomie financière ;
- Leur indépendance totale.
Ces garanties sont jugées essentielles pour rétablir la confiance des acteurs politiques et des citoyens dans le processus électoral. La 2Pfj insiste également sur l’importance de libérer tous les détenus politiques et d’organiser le retour sécurisé des exilés, deux conditions préalables à un climat de sérénité propice aux discussions.
Une représentation équitable pour une démocratie plus forte
L’organisation plaide pour une intégration active des femmes et des jeunes au sein des futurs organes de gestion des élections. Leur participation renforcera la vigilance citoyenne et contribuera à bâtir un système électoral plus représentatif et plus résilient face aux tensions.
« Les crises électorales ont éprouvé le peuple ivoirien, mais notre histoire prouve que nous savons nous rassembler quand l’intérêt supérieur du pays l’exige », rappelle la 2Pfj. Elle voit dans cette réforme une opportunité historique de consolider la stabilité, la paix et la prospérité de la Côte d’Ivoire.
Un processus déjà engagé, mais à approfondir
Rappelons que, depuis la dissolution de l’ex-Commission électorale indépendante (Cei) en juin 2026, le gouvernement a organisé une réunion élargie avec les partis politiques et les acteurs de la société civile. Présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, cette séance visait à explorer des pistes de réforme pour un système électoral plus fiable.
Pour la 2Pfj, ces premiers pas doivent désormais évoluer vers un dialogue structuré et approfondi, où chaque voix compte. L’enjeu ? Éviter que les réformes ne restent lettre morte et s’inscrivent, au contraire, dans une dynamique durable de renforcement démocratique.