Mariam Hussein, 45 años. Viuda, siete hijos e hijas.

Une urgence humanitaire sans précédent dans le Sahel et la Corne de l’Afrique

Le Sahel central (Mali, Niger, Burkina Faso) et la Corne de l’Afrique (Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan du Sud) subissent une crise alimentaire et climatique d’une gravité extrême. Ces régions cumulent pauvreté extrême, inégalités sociales, réchauffement climatique, impacts économiques post-Covid-19 et hausse vertigineuse des prix des denrées, du carburant et des engrais.

En 2024, 7,2 millions de personnes sont en situation de crise alimentaire aiguë au Sahel central. Dans le même temps, 31,5 millions de personnes souffrent de la faim en Afrique de l’Est, dont plus de la moitié de la population du Soudan du Sud et de la Somalie.

Des chiffres alarmants

1 personne sur 2

souffre de la faim au Soudan du Sud
et en Somalie
.

45,74 millions

de personnes ont besoin d’aide humanitaire en Afrique de l’Est.

24 millions

de personnes manquent d’eau en Somalie, Éthiopie et Kenya,
favorisant l’émergence d’épidémies comme le choléra.

Les causes profondes de cette crise

Un climat de plus en plus hostile

Le Sahel et la Corne de l’Afrique sont frappés par des sécheresses prolongées, des inondations soudaines et une dégradation accélérée des sols. En 2023, ces régions ont connu leur sixième année consécutive de pluies insuffisantes, tandis que les inondations récentes ont détruit des milliers d’hectares de terres agricoles.

Au Mali, la production céréalière a chuté de près de 40 % au Niger, et le Burkina Faso pourrait perdre entre 15 % et 25 % de ses récoltes si le réchauffement climatique dépasse les 2 °C. En Somalie, Soudan du Sud, Éthiopie et Kenya, la sécheresse a atteint des niveaux historiques, avec des pics de famine prévus dès avril 2023.

Des inégalités structurelles aggravantes

Le Sahel, riche en potentiel humain, est miné par des inégalités multidimensionnelles : politiques, économiques, climatiques et sociales. Les femmes, notamment les agricultrices, sont les plus touchées. Au Mali, par exemple, 50 % des femmes travaillent dans l’agriculture, mais seulement 5 % possèdent des terres.

Ces disparités creusent les écarts et alimentent les conflits, tandis que les femmes et les jeunes filles restent les premières victimes de l’insécurité alimentaire et des discriminations.

Les actions d’Oxfam pour atténuer la crise

Face à cette urgence, Oxfam intervient dans la Corne de l’Afrique et le Sahel en apportant une aide vitale : accès à l’eau, assainissement, santé et soutien à long terme pour renforcer la résilience des communautés face au climat.

Entre mars 2022 et avril 2023, Oxfam a aidé 850 000 personnes en Afrique de l’Est. En 2024, l’ONG vise 1,3 million de bénéficiaires, dont 420 000 en Somalie et au Somaliland.

Les solutions mises en place

  • Aide alimentaire : distribution de liquidités, bons d’achat ou semences résistantes à la sécheresse, accompagnés de formations pour une agriculture durable.
  • Accès à l’eau : forage de puits, distribution de produits d’hygiène et formation aux bonnes pratiques sanitaires pour limiter les risques d’épidémies.
  • Protection et autonomisation : soutien aux femmes via des projets agricoles collectifs, comme celui mené avec l’ONG ATAD au Burkina Faso, où 50 femmes cultivent des parcelles grâce à des techniques respectueuses de l’environnement.

Alizeta Sawadogo, agricultrice au Burkina Faso Alizeta Sawadogo, agricultrice de 55 ans au Burkina Faso, mère de 8 enfants, témoigne :

« Toute ma vie, j’ai cultivé des céréales, mais les rendements diminuent à cause du changement climatique. Avec l’aide d’ONG locales et d’Oxfam, j’ai appris des techniques horticoles et obtenu une parcelle dans une ferme collective. Aujourd’hui, je cultive de manière durable et diversifie mes activités pour nourrir ma famille. »

Appel à l’action : financements et politiques urgentes

Malgré l’ampleur de la crise, les financements restent insuffisants. Entre 2000 et 2021, les bailleurs n’ont couvert que 40 % des besoins pour les dix pays les plus exposés aux risques climatiques, dont le Burkina Faso et le Niger.

Oxfam plaide pour :

  • Un impôt de 1 % sur les profits des énergies fossiles pour générer 10 milliards de dollars et combler les déficits de financement.
  • L’annulation de la dette des États vulnérables pour libérer des ressources.
  • Un soutien accru des pays du G7, responsables de 85 % des émissions mondiales depuis 1850.

Sans mesures immédiates, la faim continuera de s’aggraver, condamnant des millions de personnes à une survie précaire.

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