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Un incendie ravage le Grand marché d’Anié

Le Grand marché d’Anié, poumon économique de la région des Plateaux, a été ravagé par les flammes dans la nuit. Le bâtiment principal a été entièrement détruit, réduit en cendres sous les yeux impuissants des commerçants.

Aucune perte humaine n’est à déplorer, mais le bilan matériel est catastrophique : des centaines de familles se retrouvent ruinées du jour au lendemain. Marchandises, stocks et économies sont partis en fumée.

Cet incendie n’est pas une simple fatalité. Il met en lumière une incurie d’État et un manque d’anticipation chronique dans la gestion du pouvoir à Lomé.

Des infrastructures obsolètes et dangereuses

Comment expliquer qu’en 2026, un marché d’une telle importance stratégique ne dispose d’aucun dispositif moderne de sécurité incendie, de bouches d’eau fonctionnelles ou d’accès dégagés pour les secours ? La réponse se trouve dans le bilan politique du régime en place.

Depuis son accession au pouvoir en 2005, le régime de Faure Gnassingbé n’a pas su moderniser durablement les infrastructures de proximité. Plus de soixante ans après la prise du pouvoir par son père, le défunt Gnassingbé Eyadéma, l’exécutif continue de fonctionner sur des structures héritées du siècle dernier, sans investissement de fond pour les adapter aux réalités démographiques et économiques actuelles.

Le slogan du « Togo émergent » face au quotidien des Togolais

Alors que les discours officiels vantent les grands chantiers, la numérisation ou l’attraction des investissements étrangers, le terrain reste dramatiquement archaïque :

  • Absence de prévention : La plupart des grands marchés du pays (de Lomé à Kara, en passant désormais par Anié) sont de véritables poudrières logistiques, dépourvues de normes électriques conformes et de plans de prévention des risques.
  • Secours sous-équipés : Les sapeurs-pompiers, souvent alertés tardivement ou freinés par l’absence de moyens matériels adaptés en région, ne peuvent que constater l’étendue des dégâts.
  • Surfer sur le passé : Le pouvoir se contente de vivre sur la renommée sécuritaire et les fondations politiques du régime précédent, sans bâtir une politique publique moderne de protection des citoyens et de leurs biens.

L’urgence d’une rupture avec le laisser-faire

Après les incendies historiques des grands marchés de Lomé et de Kara il y a quelques années, la tragédie d’Anié démontre qu’aucune leçon n’a été tirée. L’État togolais ne peut pas se limiter à envoyer des délégations ministérielles distribuer des vivres ou promettre des aides symboliques après chaque catastrophe.

La véritable responsabilité d’un gouvernement est de protéger ses citoyens en amont. En laissant les acteurs économiques du secteur informel travailler dans des infrastructures vulnérables et hors d’âge, le régime montre les limites d’un modèle politique usé, plus préoccupé par sa propre perpétuation que par la sécurité et le bien-être du peuple togolais.

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By Issoufou Boubacar

Rédacteur senior