Fermeture du bureau onusien des droits humains au Burkina Faso : les raisons d’une décision

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Fermeture du bureau onusien des droits humains au Burkina Faso : les raisons d’une décision

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a annoncé sa décision de fermer progressivement son bureau au Burkina Faso d’ici au 30 novembre 2026. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’organisation internationale et les autorités locales.

Cette décision fait suite à la suspension des activités du bureau, ordonnée il y a trois mois par les autorités burkinabè. Cette suspension faisait écho à un communiqué de l’ONU appelant à préserver l’espace civique au Burkina Faso. Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a exprimé son regret face à cette situation : « Je regrette profondément la décision des autorités burkinabè de suspendre nos opérations dans le pays pour une durée indéterminée. Malgré des échanges intensifs, aucun accord n’a pu être trouvé pour résoudre cette crise. »

Cette suspension a eu un impact considérable sur la capacité du bureau à remplir son mandat, justifiant ainsi la fermeture progressive annoncée.

Un engagement continu malgré tout

Malgré cette fermeture, le Haut-Commissariat a réaffirmé son soutien aux autorités burkinabè, aux institutions nationales, à la société civile et aux autres acteurs locaux. L’objectif reste inchangé : promouvoir et protéger les droits humains au Burkina Faso.

Créé en octobre 2021, le bureau du HCDH au Burkina Faso jouait un rôle clé dans la surveillance de la situation des droits humains, le plaidoyer auprès des institutions et le renforcement des capacités locales. Près de 4 000 membres des forces de défense et de sécurité ont notamment bénéficié de formations en droit international des droits humains et en droit international humanitaire.

Retrait de la CPI : une préoccupation majeure

Cette annonce coïncide avec les démarches du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour se retirer du traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). La Présidence de l’Assemblée des États Parties au Statut de Rome a exprimé ses préoccupations quant à cette décision, soulignant qu’elle risque de « compromettre la poursuite collective de la justice » et d’affaiblir les efforts mondiaux contre l’impunité.

Elle a rappelé que la CPI est un pilier du système international de justice pénale, dont l’efficacité dépend du soutien constant des États membres. Bien que reconnaissant la liberté des trois pays d’exprimer leurs réserves, la Présidence les a appelés à privilégier le dialogue et à reconsidérer leur retrait. Un retrait ne les exonère pas des obligations contractées durant leur participation au Statut de Rome. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont par ailleurs contribué activement aux travaux de l’Assemblée en faveur d’une justice internationale indépendante.

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