Un tournant historique pour la région du Sahel. L’Algérie a acté ce vendredi la levée totale du blocus aérien imposé au Mali depuis plus d’un an. Une décision qui scelle la fin d’une crise diplomatique et militaire sans précédent entre Alger et Bamako, tout en relançant le trafic aérien dans le ciel africain.
Une réouverture immédiate et totale
Dès aujourd’hui, les compagnies aériennes maliennes peuvent à nouveau emprunter l’espace aérien algérien sans restriction. Cette mesure, effective immédiatement, concerne l’intégralité des vols à destination et en provenance du Mali, qu’il s’agisse de liaisons régionales ou internationales. Une nouvelle qui soulage les acteurs du transport aérien et les économies locales, asphyxiées depuis des mois par les contournements imposés.
Fin d’un conflit de 15 mois : les relations Alger-Bamako en voie d’apaisement
Le rétablissement des liaisons aériennes marque la conclusion d’un bras de fer de 450 jours entre les deux capitales. Une période marquée par des tensions extrêmes, désormais surmontées grâce à une volonté commune de rétablir le dialogue. Une avancée majeure pour la stabilité régionale et la reprise des échanges économiques.
Un soulagement pour le Mali, pays enclavé : la réouverture de l’espace aérien algérien redonne accès à un corridor aérien vital, essentiel pour le commerce et la logistique du pays.
Retour sur les origines du conflit
Pour saisir l’ampleur de cette décision, il faut remonter au 7 avril 2025. Ce jour-là, le gouvernement algérien avait décidé de fermer son espace aérien au Mali, en réaction à une série de violations répétées de son territoire aérien par Bamako. Trois incidents majeurs avaient précipité cette mesure radicale :
- 27 août 2024 : Première incursion non autorisée dans l’espace algérien.
- 29 décembre 2024 : Deuxième violation signalée par les autorités algériennes.
- 31 mars 2025 : Une troisième provocation, jugée inacceptable, avait scellé le sort des relations aériennes entre les deux pays.
Le communiqué officiel du ministère algérien de la Défense était alors sans équivoque : « La fermeture de notre espace aérien au Mali, effective dès aujourd’hui, vise à sanctionner les violations répétées de notre souveraineté. »
Un impact majeur sur le trafic aérien en Afrique de l’Ouest
Avec cette réouverture, le ciel africain va connaître une transformation immédiate. Les compagnies maliennes, contraintes depuis plus d’un an à des détours coûteux et chronophages, pourront enfin optimiser leurs routes aériennes. Une bouffée d’oxygène pour l’économie du Mali, pays enclavé dont les échanges dépendent largement du transport aérien.
Les premiers vols à emprunter ce corridor aérien libéré devraient être annoncés dans les heures à venir, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère de coopération.