Grève au port de Lomé: les agents suspendent le travail fin juin

Les représentants syndicaux du Port autonome de Lomé ont officiellement notifié un préavis de grève de trois jours, prévu du 25 au 27 juin 2026. Ce mouvement social fait suite à l’absence de réponse satisfaisante à plusieurs demandes professionnelles et sociales formulées par les travailleurs depuis plusieurs mois.

Un nouveau bras de fer social

Au sein du Port autonome de Lomé, le climat social reste tendu. Depuis des mois, les employés dénoncent des conditions de travail difficiles, des salaires jugés trop bas, une couverture insuffisante en cas d’accident du travail, et un manque d’équipements de sécurité sur plusieurs sites. Malgré des alertes répétées, le syndicat estime que les échanges avec la direction n’ont pas abouti à des mesures concrètes. Cette situation touche un secteur clé : le port emploie plus de 3 000 dockers et autres agents, dont le rôle est essentiel pour l’économie du Togo. Pour les grévistes, l’enjeu dépasse les revendications internes : il s’agit de préserver le bon fonctionnement d’un outil économique vital.

Les revendications sur la table

Dans son communiqué, le syndicat réclame notamment la mise en place d’un statut unique pour l’ensemble du personnel, le respect des pauses quotidiennes et du repos hebdomadaire, ainsi que l’octroi d’un congé annuel assorti de sa prime. Il demande également l’application de l’accord collectif d’établissement aux pointeurs assimilés aux dockers. Les agents exigent aussi le paiement des heures supplémentaires selon la réglementation en vigueur, l’immatriculation de tous les dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi que l’attribution d’une prime de salissure et d’une prime de manutention. Enfin, le syndicat souhaite que la date d’embauche soit prise en compte tout au long du parcours professionnel au port et que les classifications et avantages correspondants apparaissent clairement sur les bulletins de paie.

Un appel à la mobilisation

Le syndicat invite tous les agents du Port autonome de Lomé à cesser le travail durant les trois jours annoncés et à ne pas se présenter sur leur lieu de service. Il rappelle toutefois que le droit de grève est individuel et que chaque salarié conserve la liberté d’y participer ou non. Cette grève annoncée place une nouvelle fois la direction du port face à ses responsabilités. Dans une entreprise stratégique déjà fragilisée par une dette importante, la résolution de ce conflit social apparaît désormais comme une question de stabilité et de gouvernance.