Une mesure drastique pour protéger les troupes en première ligne

L’état-major des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) vient de franchir une étape décisive en interdisant formellement aux militaires l’usage des smartphones sur les zones de combat. Cette décision, motivée par des impératifs de sécurité, vise à endiguer les échecs répétés des opérations militaires dans l’Est du pays, où la pression des groupes armés reste constante.

Dans une interview exclusive, un sous-lieutenant des FARDC stationné dans le Sud-Kivu explique les raisons de cette interdiction : « Avant cette mesure, beaucoup d’entre nous utilisaient nos téléphones pour rester en contact avec nos familles. C’était une question de survie psychologique. Mais nous comprenons les risques : un téléphone mal utilisé peut révéler notre position et exposer toute une unité. »

Les dangers d’une utilisation mal maîtrisée

Le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole intérimaire des FARDC, a détaillé les risques encourus : « Un appareil allumé ou une communication mal sécurisée peut devenir une balise pour l’ennemi. Les coordonnées GPS, les messages vocaux ou les vidéos partagées en temps réel facilitent le ciblage des positions militaires. » Il insiste sur la nécessité de ne divulguer aucune information stratégique, qu’il s’agisse des mouvements, des effectifs ou des plans opérationnels.

Trahisons et fuites : un fléau à combattre

Kelvin Bwija, coordonnateur de la société civile congolaise dans le territoire d’Uvira, salue cette initiative : « Certains soldats communiquaient avec des éléments hostiles, fournissant des informations cruciales aux groupes armés. Cette interdiction devrait réduire considérablement les cas de trahison au sein de nos rangs. »

Le téléphone portable : un outil à double tranchant

Maître Aimé Bisimwa, défenseur des droits humains, reconnaît l’importance du smartphone dans la vie quotidienne. Cependant, il rappelle que les militaires doivent se conformer aux règles strictes de leur institution : « Aucun droit à la communication n’est bafoué ici. Les soldats, en s’engageant, acceptent de limiter leur liberté pour servir leur pays. Leur devoir prime sur toute autre considération. »

Contexte opérationnel tendu dans le Sud-Kivu

Les combats persistent dans plusieurs villages des hauts plateaux de Mwenga et Fizi, où s’affrontent la coalition rebelle AFC/M23–Twirwaneho, soutenue par Kigali selon les rapports onusiens, et les forces loyalistes FARDC-Wazalendo, appuyées par Bujumbura. Dans ce théâtre d’opérations complexe, chaque erreur de communication peut avoir des conséquences dramatiques.

Un soldat en faction à Oicha après une attaque des ADF (2025)