La France met fin à sa présence diplomatique au Burkina Faso
Le ministère des Affaires étrangères français a confirmé le retrait immédiat de tous ses diplomates en poste au Burkina Faso. Cette décision, effective depuis le début du mois de juillet, intervient en réponse à l’annonce par Ouagadougou de la rupture totale de ses relations avec Paris. Tous les agents français ont quitté le territoire burkinabè en fin de semaine dernière, tandis que le personnel diplomatique du Burkina Faso doit quitter la France d’ici ce soir.
Une décision réciproque en sept jours
Le Quai d’Orsay a annoncé qu’un représentant diplomatique burkinabè à Paris avait été convoqué pour lui signifier « la réciprocité de cette mesure ». Les autorités françaises ont exigé que l’ensemble du personnel diplomatique du Burkina Faso quitte le territoire français sous sept jours, soit avant minuit ce soir. Cette réponse ferme illustre la volonté de Paris de ne pas laisser passer cette décision qualifiée d’« hostile et sans fondement ».
« Nous avons tiré les conséquences de cette situation »
Des accusations infondées selon la France
Le ministère français a catégoriquement rejeté les allégations de soutien aux groupes terroristes, les qualifiant de « complètement fausses ». Ces accusations, avancées par Ouagadougou pour justifier la rupture des relations, ont été fermement dénoncées par Paris. Le Quai d’Orsay rappelle avec insistance l’engagement historique de la France dans la lutte antiterroriste au Sahel, un engagement payé au prix fort par les victimes françaises.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté les attaques terroristes et les exactions contre les civils », a martelé le ministère, soulignant que les populations locales sont les premières victimes de la crise sécuritaire.
Une vigilance accrue pour les ressortissants
Face à cette escalade, les autorités françaises appellent les expatriés français au Burkina Faso à « une vigilance renforcée ». Plus de 2 000 Français sont enregistrés auprès du consulat à Ouagadougou, tandis que plus de 6 000 Burkinabè résident en France. Cette tension diplomatique survient dans un contexte où le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, mène une politique de plus en plus souverainiste et hostile aux partenaires occidentaux.
Une politique anti-française assumée
Dès son arrivée au pouvoir, le régime burkinabè a multiplié les mesures symboliques et concrètes contre la France : rappel de l’ambassadeur, dénonciation des accords militaires, expulsion des troupes françaises engagées dans la lutte contre le terrorisme. Les relations se sont progressivement dégradées, poussant Ouagadougou à se tourner vers d’autres partenaires comme la Russie, la Turquie ou l’Iran.
Cette crise diplomatique marque un nouveau tournant dans les tensions persistantes entre les deux pays, dans un Sahel en proie à une instabilité chronique.