Actualités Afrique Exploitation minière : le Niger mise sur sa nouvelle compagnie nationale

le Niger prend le contrôle de ses mines d’uranium avec la création de TSUMCO SA

0
FacebookTwitterPinterestWhatsApp

Le Conseil des ministres du Niger a acté la fin du partenariat historique avec le groupe Orano Mining en annulant sa concession. En remplacement, les autorités nigériennes ont créé une compagnie nationale pour exploiter les ressources en uranium du pays. Malgré les exigences de paiement de redevances, le groupe français a entamé des démarches judiciaires bloquant l’exportation de l’uranium nigérien.

Lors de sa réunion hebdomadaire, le gouvernement nigérien, dirigé par le général Abdourahamane Tiani, a adopté un décret officialisant la naissance de « Teloua Safeguarding Uranium Mining Company » (TSUMCO SA). Cette nouvelle structure remplace la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), nationalisée en 2025, et met un terme au titre d’exploitation attribué à Orano Mining sur le site d’Arlit depuis 1978. Le nom « Teloua » fait référence à une nappe phréatique située dans la zone minière d’Arlit, où se situait également l’ancienne mine COMINAK exploitée par Orano jusqu’en 2021. Les autorités nigériennes soulignent les conséquences environnementales désastreuses de l’activité minière sur les sols, les ressources hydriques et les écosystèmes sahariens. Selon elles, ce changement incarne un devoir de mémoire envers les populations locales et les générations futures.

Un conflit juridique en cours

Une ordonnance nigérienne de 2024 impose désormais le paiement d’une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an pour les périmètres non exploités de la concession d’Arlit. Orano Mining, n’ayant pas respecté cette obligation, a reçu une mise en demeure en septembre 2025. L’absence de régularisation dans les délais a conduit le gouvernement à annuler le contrat d’exploitation. Les autorités nigériennes rappellent également que le groupe français doit s’acquitter de ses obligations fiscales et environnementales liées aux anciens accords.

Depuis la nationalisation de SOMAIR en 2025, Orano Mining a multiplié les recours juridiques contre l’État nigérien. Le ministre des Mines, Ousmane Abarchi, qualifie ces actions de tactiques dilatoires visant à freiner les exportations d’uranium nigérien. Cette décision récente devrait exacerber les tensions entre Niamey et Paris, dans un contexte déjà marqué par une remise en question des relations économiques et stratégiques entre les deux pays.

FacebookTwitterPinterestWhatsApp