Nouvelle infrastructure du GIABA à Abidjan : une avancée majeure contre la criminalité financière en Afrique de l’Ouest
Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a inauguré ce mercredi un Centre d’Information du GIABA flambant neuf à Cocody. Cette cérémonie marque une étape clé dans la lutte régionale contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Installé dans des locaux entièrement rénovés et mis à disposition par l’État ivoirien, ce centre s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le pays via l’Accord de Siège. Il s’ajoute aux infrastructures existantes du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique, renforçant ainsi les capacités de prévention et de répression des flux financiers illicites.
Historique et mission du Centre d’Information du GIABA à Abidjan
La création de ce centre remonte à une décision du Conseil des ministres de la CEDEAO, adoptée le 26 novembre 2010 lors de sa 65e session à Abuja. L’objectif était de doter la région de deux pôles dédiés : l’un à Lagos pour les pays anglophones, et l’autre à Abidjan pour les États francophones et lusophones.
Après l’ouverture initiale du centre en 2015, puis la signature de l’Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, cette nouvelle infrastructure couronne des années de coopération renforcée.
Un outil stratégique pour une lutte coordonnée contre la délinquance financière
Lors de l’inauguration, Adama Coulibaly a souligné l’urgence d’une réponse régionale face à l’évolution des méthodes de criminalité financière. Selon lui, les circuits de blanchiment et de financement du terrorisme se sophistiquent, rendant indispensable une mutualisation des efforts entre les pays.
Le ministre a présenté ce centre comme une plateforme polyvalente destinée à la sensibilisation, au renforcement des capacités, à la documentation et à la communication. Il vise à servir l’ensemble des États membres de la CEDEAO et de la sous-région.
Le GIABA mise sur l’innovation et la formation pour renforcer l’expertise
Edwin W. Harris Jr., Directeur général du GIABA, a rappelé le rôle clé joué par le centre depuis 2015. Au-delà des actions de sensibilisation, il a mis en avant les activités menées : journées portes ouvertes pour les jeunes, conférences publiques, concours d’art oratoire, séminaires pour les médias, leaders religieux et société civile.
Avec ses nouveaux locaux, le centre ambitionne de devenir un carrefour régional du savoir et de l’innovation dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Une attention particulière sera accordée aux jeunes, aux étudiants et aux professionnels, avec des formations certifiantes adaptées.
Un Centre de Formation Assistée par Ordinateur pour une expertise certifiée
Parmi les innovations phares de ce centre figure un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Cet outil permettra de proposer des modules spécialisés pour divers profils : autorités compétentes, institutions financières, magistrats, services d’enquête, universitaires et autres acteurs du dispositif LBC/FT.
Les formations, conçues sur mesure, pourront aboutir à la délivrance de certificats, contribuant ainsi à professionnaliser l’expertise régionale et à consolider les compétences locales dans la lutte contre les flux financiers illicites.
Une transition institutionnelle et un héritage durable
Cette inauguration prend une dimension particulière à quelques jours de la fin du mandat d’Edwin W. Harris Jr. à la tête du GIABA, prévue le 31 août 2026. Elle symbolise ainsi la volonté de laisser aux États de la CEDEAO un outil pérenne pour renforcer la coopération, le partage d’informations et le développement des compétences.
Les différents acteurs – administrations publiques, institutions financières, médias, société civile et partenaires techniques – sont désormais invités à s’approprier cet espace pour en faire un levier d’action collective contre la criminalité financière.