Ousmane Sonko brise le silence après son limogeage : les véritables raisons évoquées

Ousmane Sonko, de retour sur la scène politique : « Rendez-vous le 8 novembre »

Quelques heures après son éviction de la Primature, Ousmane Sonko a choisi de s’exprimer publiquement. Le leader du PASTEF a détaillé les tensions persistantes avec le président Bassirou Diomaye Faye-Diakhar et révélé les coulisses d’un départ annoncé depuis plusieurs mois.

L’ancien Premier ministre a livré sa version des faits lors d’une prise de parole remarquée. Il a évoqué les désaccords profonds qui ont jalonné sa collaboration avec le chef de l’État, des divergences remontant à plus de deux ans. « Les orientations prises ne correspondent plus à ce que nous avions imaginé dans le Projet. C’est précisément pour cette raison que nous avions déjà évoqué l’hypothèse d’un limogeage », a-t-il expliqué avec franchise.

Une rencontre décisive au Palais

Malgré ces tensions, Ousmane Sonko avait choisi de rester en poste pour éviter une rupture politique brutale. Pourtant, son intervention à l’Assemblée nationale de vendredi dernier a semble-t-il précipité les événements. Le président l’a convoqué au Palais présidentiel pour un échange en tête-à-tête. « Il m’a clairement indiqué que poursuivre notre collaboration serait compliqué, car certaines de mes déclarations publiques posaient problème », a-t-il confié.

Le leader du PASTEF a répondu sans détour : « Je lui ai fait savoir que la décision finale lui appartenait. » Il a tenu à préciser qu’il avait catégoriquement refusé que cette entrevue soit présentée comme une tentative de conciliation. « Je lui ai signifié qu’aucun consensus n’avait été trouvé lors de cet entretien et qu’il ne fallait surtout pas donner cette impression », a-t-il insisté.

Une offre de départ refusée à trois reprises

Ousmane Sonko a révélé avoir proposé à plusieurs reprises de quitter la Primature pour siéger à l’Assemblée nationale. Selon lui, cette solution aurait permis de lever les obstacles à la bonne marche de l’exécutif. « À trois reprises, j’ai suggéré : si ma présence entrave votre action, discutons d’un départ. Nous pourrions nommer un autre Premier ministre issu de PASTEF. À chaque fois, il a décliné cette proposition », a-t-il témoigné, mentionnant que le ministre Alioune Sall aurait assisté à certaines de ces conversations.

Le président aurait ensuite demandé un délai de réflexion avant une nouvelle rencontre. « Une fois rentré à mon domicile, il m’a envoyé un message pour m’informer qu’il allait procéder à l’annonce officielle », a-t-il conclu. Peu après, l’éviction était rendue publique, confirmée par Oumar Samba Ba.