Une affluence record pour Touba

Chaque année, des millions de fidèles se rendent à Touba, ville sainte sénégalaise, pour célébrer le Grand Magal. Cependant, cette année encore, les disciples du cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride, doivent faire face à un obstacle majeur : l’explosion des prix des transports.

Scène de rue animée près de véhicules à Dakar, Sénégal

Des tarifs exorbitants pour rallier Touba

À la gare Baux Maraîchers de Pikine, l’effervescence est palpable. Les voyageurs s’apprêtent à rejoindre Touba pour le Grand Magal, mais les prix des billets ont flambé. Entre 8 000 et 10 000 francs CFA, selon le niveau de confort souhaité, contre 3 000 à 5 000 francs en temps normal. Les embouteillages sur la route de Touba, particulièrement denses ce vendredi matin, justifient en partie cette hausse.

Fallou, un démarcheur expérimenté, explique : « Tous ces véhicules se rendent à Touba. Vous avez le choix entre un minibus non climatisé à 10 000 francs ou un bus climatisé, moins spacieux, à 8 000 francs. Ces tarifs reflètent la réalité actuelle : les routes sont saturées, et les transporteurs n’ont pas le choix. »*

Des voyageurs contraints d’accepter

Mamadou, un fidèle habitué du Grand Magal, ne compte plus les années où il a effectué ce pèlerinage. Cette fois encore, il se plie à la règle, malgré son mécontentement. « Ils profitent de chaque événement pour gonfler les prix, alors que Touba n’est pas si éloignée », soupire-t-il. « Les temps sont durs, mais nous n’avons pas le choix. Ma famille m’attend là-bas, et nous devons accueillir nos invités comme il se doit. »*

Des transporteurs en quête d’équilibre

Bour Guewel, doyen de la gare, connaît bien les rouages du transport Dakar-Touba. Avec près de 30 ans d’expérience, il évoque les défis quotidiens des chauffeurs. « Le problème, c’est le retour. Nous partons avec des passagers, mais au retour, il est rare d’en trouver. Pourtant, nous faisons le plein de carburant deux fois. »*

Les embouteillages à l’entrée de Touba poussent les transporteurs à ajuster leurs tarifs pour compenser leurs pertes. Une réalité que les pèlerins subissent, faute d’alternatives viables. « Pour chaque grand rassemblement, les prix s’envolent, et nous devons accepter », confie un voyageur sous couvert d’anonymat.

Des solutions limitées face à la demande

L’opérateur Dakar Dem Dikk propose des trajets à 4 000 francs, mais l’offre reste insuffisante. Les bus, souvent bondés, n’acceptent que peu de bagages, compliquant davantage le voyage des pèlerins. Une situation qui illustre les tensions persistantes entre l’offre et la demande dans le secteur des transports au Sénégal.

Pour les disciples de Cheikh Ahmadou Bamba, le Grand Magal reste un moment sacré, mais cette année, le chemin vers Touba s’annonce plus coûteux que jamais.

Scène de rue à Dakar