Philippe Lalliot, nouvel ambassadeur de France, prône une méthode franco-marocaine à Rabat
Au lendemain de la remise de ses lettres de créance, Philippe Lalliot a réservé sa première prise de parole publique au Forum de Paris sur la paix, organisé à l’UM6P. Devant un parterre diplomatique, il a lié défense du droit international, coopération sur l’eau et préparation des prochaines échéances bilatérales autour d’un programme de près de 350 millions d’euros.

Philippe Lalliot a effectué sa première sortie officielle comme ambassadeur de France au Maroc en prenant la parole lors de la session printanière du Forum de Paris sur la paix, organisée les 4 et 5 juin 2026 à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Rabat. Cette intervention est survenue juste après la remise de ses lettres de créance au roi.
Confronté à la persistance des conflits et à des répercussions qui touchent tous les pays, Philippe Lalliot a insisté sur l’importance des règles multilatérales. « Le droit international demeure vivant. Ses fondements sont équitables. Il faut le protéger par principe, car il représente le rempart des plus vulnérables », a-t-il souligné, rappelant son caractère de bien commun.
Selon le diplomate, le droit international reste « la condition essentielle pour la paix, la stabilité et la sécurité du plus grand nombre ».
« Nous nous trouvons ici au bon endroit, au bon moment et avec les bonnes personnes pour réfléchir aux moyens concrets de faire face à ces grands bouleversements et transitions, et d’y apporter des solutions pratiques et adaptées », a-t-il déclaré, appelant à « transformer nos espoirs et ambitions en projets et en actions ».
L’ambassadeur a souligné que la réflexion sur les déséquilibres mondiaux et la recherche de solutions sont « au cœur du partenariat exceptionnel qui lie la France et le Maroc ».
Pour Philippe Lalliot, cette « approche franco-marocaine » doit servir de modèle. « Je suis persuadé que nos deux nations, grâce à leur histoire commune et à une vision partagée des défis et de l’avenir, ont le devoir de donner l’exemple », a-t-il déclaré, ajoutant que ce devoir implique de mobiliser largement, surtout avant des rendez-vous bilatéraux ou multilatéraux importants.
Il a illustré ses propos en citant un projet lancé dès son arrivée. « Avant-hier, avec le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, ainsi que mes collègues allemand, italien et européens, nous avons lancé un programme de près de 350 millions d’euros pour soutenir la stratégie nationale marocaine de gestion de l’eau. »
Ce projet, crucial pour la souveraineté hydrique du Maroc, a pour objectif d’améliorer la connaissance des ressources en eau, en particulier les nappes phréatiques, de favoriser une gestion coordonnée des phénomènes climatiques liés à l’eau, notamment les inondations, et d’autres initiatives comme la réutilisation des eaux usées.
Alors que les discussions à Rabat s’achèvent sur la sécurité énergétique et alimentaire, thèmes centraux du prochain G7 à Évian (15-17 juin), la France et le Maroc mettent la dernière main à un nouveau cadre de coopération, dont la finalisation est proche.