Le service internet par satellite Starlink est désormais accessible en Côte d’Ivoire. Depuis le 16 juillet 2026, les habitants peuvent souscrire à cette solution haut débit via le site officiel starlink.com/cotedivoire, après l’obtention d’une licence temporaire de douze mois délivrée par l’ARTCI à Starlink Network CIV.
Cette avancée majeure avait été officiellement annoncée le 11 juin 2026 par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara. L’autorisation accordée permet à Starlink de proposer ses services d’accès internet fixe par satellite sur l’ensemble du territoire ivoirien, en utilisant les bandes de fréquences Ka et V.
Combler le fossé numérique en zones reculées
Le gouvernement ivoirien a clairement identifié les zones rurales, les établissements scolaires et les centres de santé isolés comme priorités absolues. L’ambition est de réduire significativement la fracture numérique qui persiste dans les régions où les infrastructures classiques (réseaux mobiles et fixes) restent défaillantes ou totalement absentes.
Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une résolution adoptée par le Conseil de régulation de l’ARTCI en septembre 2025. La licence provisoire de douze mois octroyée à Starlink permettra d’évaluer la qualité du service proposé ainsi que le respect des engagements pris, avant d’envisager une éventuelle pérennisation.
La Côte d’Ivoire rejoint le club africain des utilisateurs de Starlink
Avec cette arrivée, la Côte d’Ivoire devient le 27e pays africain à bénéficier de la constellation de satellites de SpaceX. Cette expansion rapide sur le continent s’accélère depuis 2023, avec des lancements successifs au Nigeria, au Kenya, au Rwanda ou encore au Mozambique.
Cette dynamique répond à une demande croissante d’accès à internet dans des territoires où le déploiement d’infrastructures terrestres s’avère complexe et coûteux. Starlink se distingue par son débit élevé et sa faible latence, rendus possibles grâce à sa constellation de satellites en orbite basse.
Modernisation des télécoms ivoiriennes : 5G et Starlink main dans la main
L’arrivée de Starlink coïncide avec le déploiement simultané de la 5G en Côte d’Ivoire, illustrant la volonté du gouvernement de moderniser rapidement les infrastructures de télécommunications du pays. Bien que plusieurs opérateurs mobiles soient déjà actifs, les zones rurales restent largement sous-connectées.
Avec une population de 33,5 millions d’habitants répartis sur 322 000 km², la Côte d’Ivoire présente de fortes disparités géographiques entre le sud urbanisé et le nord rural. Le taux de pénétration de l’internet fixe y est particulièrement faible, offrant ainsi un terrain propice aux solutions satellitaires innovantes.
Créée en 2012, l’ARTCI supervise l’ensemble du secteur des télécommunications et veille au maintien d’une concurrence saine. L’encadrement de Starlink via une licence provisoire reflète cette volonté de réguler l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux sur un marché encore en pleine structuration.
Une période d’essai sous haute surveillance
La licence provisoire de douze mois vise à vérifier la conformité de Starlink aux normes locales et à évaluer son impact réel sur le marché ivoirien. Le ministre Djibril Ouattara a confirmé que cette autorisation serait réexaminée à l’issue de cette période expérimentale.
Cette démarche prudente rappelle celle mise en place dans d’autres pays africains, où les régulateurs privilégient des phases pilotes avant d’autoriser un déploiement à grande échelle. Deux enjeux majeurs guident cette approche : garantir la qualité du service proposé et protéger les opérateurs locaux face à un concurrent disposant d’une infrastructure spatiale de pointe.
Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si Starlink parvient à tenir ses promesses en matière de couverture rurale et si sa politique tarifaire reste accessible aux populations visées. La reconduction de la licence dépendra exclusivement des résultats concrets obtenus sur le terrain.