Tensions accrues entre le Nigeria et l’alliance du Sahel sur la lutte antiterroriste

Les relations diplomatiques entre le Nigeria et les trois nations de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — connaissent une nouvelle phase de crispation. Tout a débuté lors d’une rencontre officielle à Abuja, où le président Bola Ahmed Tinubu a pointé du doigt des groupes armés en provenance de ces pays comme responsables d’une recrudescence de l’insécurité et d’enlèvements dans le nord de son territoire.
Cette déclaration a provoqué une réaction immédiate de la part des autorités de l’AES. Dès le 7 août, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a publié un communiqué sans équivoque. « Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria sont unis face à une menace terroriste commune », y est-il rappelé, avant d’ajouter que les propos du dirigeant nigérian sont « regrettables ».
L’AES rejette toute responsabilité dans l’instabilité régionale
Dans la foulée, une réunion d’urgence a été organisée à Ouagadougou réunissant les représentants des trois pays membres de l’AES. Ces derniers ont convoqué le chargé d’affaires nigérian pour lui signifier leur mécontentement. Selon les termes employés par le chef de la diplomatie burkinabè, les déclarations de Bola Ahmed Tinubu « minimisent les efforts colossaux déployés par les armées de l’AES dans la lutte contre le terrorisme ».
Une situation explosive à la frontière nigéro-nigériane
Les tensions actuelles s’inscrivent dans un contexte déjà tendu entre Abuja et ses voisins sahéliens. Depuis 2023, les relations se sont fortement dégradées, notamment après le renversement du président nigérien Mohamed Bazoum à Niamey. Aujourd’hui, l’instabilité s’étend jusqu’au nord-ouest du Nigeria, où la sécurité se détériore rapidement le long de la frontière partagée avec le Niger.
« Les véritables ennemis ne se trouvent pas chez nos voisins, mais bien au-delà de nos frontières », a martelé le ministre Traoré, soulignant que les pays de l’AES n’ont « pas à porter le poids de cette insécurité ».